La Fédération hospitalière de France (FHF) publie ce mercredi les résultats d’un sondage Ipsos. Selon cette enquête menée le mois dernier auprès de 2500 personnes, les obstacles aux soins psychiatriques restent très importants, malgré l’affichage de la santé mentale comme grande cause nationale. Les jeunes adultes âgés de 18 à 24 ans sont les plus touchés.

Parmi ces jeunes qui déclarent souffrir de troubles psychiques en 2026, 65 % indiquent avoir subi des temps d’attente jugés trop longs pour consulter un psychiatre. Plus de la moitié, soit 52 %, affirment qu’il leur a été impossible d’obtenir une consultation. Par ailleurs, 38 % de cette tranche d’âge disent avoir connu une rupture de stock d’un médicament nécessaire à leur traitement. Près d’un sur deux, 49 %, signale une interruption de suivi médical pendant une certaine période.

Ces difficultés ne concernent pas uniquement les jeunes. Pour l’ensemble des Français qui estimaient avoir besoin de soins, 45 % ont rencontré des délais d’attente excessifs et 40 % n’ont pas réussi à décrocher un rendez-vous. La FHF constate une légère amélioration par rapport à 2025, mais juge la situation toujours massive. La fédération souligne également la hausse des hospitalisations pour tentative de suicide. Entre 2019 et 2024, ces admissions ont augmenté de 16,6 % au niveau national. Chez les femmes, la progression atteint 25 %. Les chiffres sont encore plus marqués pour les adolescentes et jeunes femmes : plus 76 % pour les 20-24 ans et plus 118 % pour les 10-14 ans sur la même période.

Face à ce constat, la FHF, qui représente le millier d’hôpitaux publics en France, demande la création d’une délégation interministérielle à la santé mentale et à la psychiatrie. Cette instance serait dotée d’un plan pluriannuel spécifique. L’objectif est de soutenir les centres médico-psychologiques et de lutter contre la crise des vocations dans cette discipline, en particulier en pédopsychiatrie. La fédération préconise aussi de développer des unités pluridisciplinaires pour les 16-25 ans et de multiplier les maisons des adolescents.

La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a récemment déclaré devant l’Assemblée nationale que ces structures allaient être renforcées. Elle a également promis la nomination prochaine d’un délégué interministériel à la santé mentale. La FHF estime toutefois qu’il est urgent que la grande cause nationale se traduise par des engagements concrets, durables et financés.

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