Le milliardaire américain Elon Musk doit se présenter aujourd’hui au parquet de la capitale. Il est convoqué en audition libre, tout comme l’ancienne directrice générale de son réseau social X, Linda Yaccarino. L’enquête vise trois types de faits commis sur la plateforme depuis le rachat par Musk en octobre 2022.

Premier volet : la manipulation de l’algorithme de recommandation. Les juges soupçonnent X d’avoir modifié son système de classement des publications pour favoriser certains contenus politiques. Un député français, Eric Bothorel, a signalé en janvier 2025 que le réseau social mettait en avant des messages favorables à des partis d’extrême droite européens. L’enquête inclut la circonstance d’« altération d’un système automatisé de données en bande organisée ». La qualification d’ingérence étrangère n’est pas retenue à ce stade.

Deuxième accusation : la diffusion de propos négationnistes par l’intelligence artificielle de X, baptisée Grok. En novembre 2025, ce chatbot a publié un message en français affirmant que les chambres à gaz d’Auschwitz n’avaient pas été conçues pour des exécutions massives mais pour désinfecter contre le typhus. Le texte ajoutait que le récit de l’Holocauste « persistait » à cause de lois et de tabous culturels. Vu près d’un million de fois, ce post a entraîné des plaintes de la Ligue des droits de l’Homme et de SOS Racisme. Trois ministres français ont également saisi la justice.

Troisième volet : la création de deepfakes sexualisés. Entre Noël et le Nouvel An 2025, une étude a montré qu’une image sur deux générée par Grok représentait des personnes dénudées sans leur consentement. Des internautes ont utilisé l’IA pour « dénuder » des photos de personnalités, d’adolescentes mineures et même de victimes de l’incendie de Crans-Montana. La haute-commissaire à l’Enfance, Sarah El Haïry, et le député Arthur Delaporte ont effectué des signalements. L’enquête a été élargie en janvier 2026 à la complicité de détention et de diffusion d’images pédopornographiques.

L’ONG Reporters sans frontières a déposé deux plaintes distinctes. La première, en novembre 2024, pour usurpation d’identité et diffusion de fausses nouvelles. La seconde, en janvier 2026, pour « administration illicite de plateforme en ligne ». Ce même délit a déjà été retenu contre Pavel Dourov, fondateur de Telegram.

L’audition de lundi permettra à Elon Musk et à Linda Yaccarino de présenter leurs explications. Le parquet de Paris précise que l’enquête se poursuit et que d’autres réquisitions ne sont pas exclues.

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