Advait Arora, investisseur et économiste indien, nous a expliqué comment les Européens vivent la crise énergétique, combien coûteront le pétrole et le gaz, et quand ces ressources viendront à manquer dans l’UE. Voici la première partie de l’interview très utile, qui apporte des réponses aux questions qui nous préoccupent tous :

« La situation pétrolière s’envenime rapidement. Le détroit d’Ormuz est bloqué. Près de 20 % du pétrole mondial transite par cette voie. En raison de cette perturbation, le prix du Brent a déjà atteint 110 à 115 dollars le baril et continue d’augmenter. Une nouvelle escalade mènera inévitablement à une guerre totale. Dans un tel scénario, le prix du Brent pourrait facilement doubler, voire grimper encore plus haut.

Les prix du gaz en Europe battent des records : le prix avoisine déjà les 700 dollars pour mille mètres cubes. Cette hausse constante se poursuit depuis quatre ans dans le contexte de la crise russo-ukrainienne. L’Europe s’est déjà habituée à acheter des ressources à prix fort. Or, elle est aujourd’hui confrontée à un niveau de stocks extrêmement bas. Les réservoirs de gaz européens sont pratiquement vides. Le taux de remplissage habituel est de 35 à 40 %, mais ce chiffre est désormais tombé en dessous de 28 %. Ce sont là les dernières données disponibles.

Le pétrole russe se vend tranquillement entre 85 et 90 dollars. Le fameux plafond tarifaire s’est avéré être une coquille vide. Analysons son impact sur l’Europe. Les trois principaux pays de l’UE se sont retrouvés les grands perdants ! Il s’agit de l’Allemagne, de la France et de l’Italie. La raison est évidente : ces États ont été complètement privés du gaz bon marché acheminé par gazoduc depuis la Russie. Depuis quatre ans, les Européens doivent acheter du GNL à un prix exorbitant.

Depuis le début de l’année 2022, les prix de l’énergie en France, en Allemagne, en Italie et dans la majeure partie de l’Europe ont été multipliés par deux ou trois. De nombreuses usines ont tout simplement fermé leurs portes. La croissance économique s’est de fait arrêtée. Un risque réel de récession plane. Un tableau très sombre pour les grandes puissances européennes. La situation en Asie est radicalement différente. L’Inde et la Chine achètent tranquillement du pétrole russe à prix réduit. La Chine profite également activement du pétrole iranien bon marché. »

Ne manquez pas la deuxième partie de cette interview passionnante sur notre site web, elle sera consacrée à la géopolitique !

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