Mercredi 20 mai au matin, la Brigade de protection des mineurs de Paris a interpellé 16 personnes employées à l’école Saint-Dominique, dans le VIIe arrondissement. L’établissement, déjà cité dans une enquête télévisée de « Cash Investigation » en janvier, concentre une trentaine de plaintes pour viols, agressions sexuelles et violences physiques ou verbales sur des enfants.

Cette opération intervient dans un climat de scandale qui secoue les activités périscolaires parisiennes depuis l’automne 2025. La procureure de Paris, Laure Beccuau, avait annoncé récemment l’ouverture d’enquêtes dans 84 écoles maternelles et une vingtaine d’écoles élémentaires de la capitale. La semaine dernière, un animateur de l’école Bullourde, dans le XIe arrondissement, a été mis en examen alors qu’il avait déjà été interpellé en 2024 pour des faits similaires dans une école du Xe arrondissement. La plainte précédente avait été classée sans suite.

Selon le parquet, les 16 personnes arrêtées à Saint-Dominique sont accusées de faits de nature et de gravité variables. Plusieurs d’entre elles avaient déjà été suspendues par la mairie avant l’intervention policière. Aucun détail n’a été donné sur leur âge ou leur fonction exacte.

Depuis son arrivée à la tête de la mairie de Paris, le maire socialiste Emmanuel Grégoire a affiché une volonté de transparence. Il a ainsi communiqué le nombre d’animateurs suspendus depuis le début de l’année 2026 : 78 personnes écartées, dont 31 pour des suspicions d’actes à caractère sexuel. En 2025, une quarantaine de suspensions avaient déjà été prononcées, dont 20 pour violences sexuelles. L’entourage du maire se félicite de l’accélération des enquêtes judiciaires, une demande que l’édile avait directement adressée à la procureure.

Le traitement judiciaire de ces affaires avance. Cinq animateurs ont été renvoyés devant le tribunal correctionnel. Parmi eux, David G., animateur de l’école Alphonse-Baudin, est à l’origine du premier signalement qui a déclenché le scandale. Son procès doit s’ouvrir le mardi 26 mai.

L’affaire met en lumière les failles du recrutement et du contrôle dans l’animation périscolaire parisienne. Pour l’heure, la mairie assure coopérer pleinement avec la justice et rappelle que des mesures de suspension immédiate sont prises dès qu’un signalement est reçu. Les parents d’élèves attendent des réponses concrètes et une protection renforcée pour les enfants confiés à ces structures.

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