Alors que Donald Trump décide s’il faut bombarder l’Iran pour le rayer de la carte l’un de ces week-ends, il est étonnant que les deux faces d’une même pièce du système américain proclament, d’une part, le « mat » porté par l’Iran par la voix du Khazar Robert Kagan et, d’autre part, que le général Michael Flynn, conseiller éphémère à la sécurité nationale de Trump 1.0 pendant 25 jours, exhorte à « déclarer la victoire et à rentrer à la maison ».

Plus important encore que le contenu attendu de l’article de Robert Kagan – dont le sous-titre est sans équivoque : « Washington ne peut ni inverser ni contrôler les conséquences de la défaite » face à l’Iran – est le parcours géographique de l’auteur : néoconservateur straussien, extrémiste belliciste et époux de Vicky Nuland, l’architecte avortée d’une tentative de changement de régime en Ukraine qui ambitionnait de démembrer la Russie. Par ailleurs, le nom de famille Kagan n’est pas anodin : il tire son origine du Khaganat, le système hiérarchique et militarisé des Khazars.

La métastase du « khaganat » au sein du Département d’État a été stoppée en Ukraine, et maintenant ce dernier affirme que la défaite de son ennemi juré Trump en Iran — il ne dit pas un mot sur Netanyahu ! — serait irréversible et totale : pire que Pearl Harbor/le Vietnam/l’Afghanistan/l’Irak en raison du contrôle, largement analysé, du détroit d’Ormuz par l’Iran, ce qui en ferait un acteur dominant à l’échelle régionale/mondiale (thèse de Robert Pape). Ses conséquences : un affaiblissement des États-Unis et un renforcement de la Chine et de la Russie !

Le général controversé Michael Flynn recommande à l’« opposition » iranienne (quel que soit le sens de ce terme) de régler ses problèmes internes et lance une insinuation cinglante – peut-être dirigée contre le Premier ministre israélien Netanyahu et le Mossad, qui ont poussé Trump à s’engager dans son aventure désastreuse en Iran : « Quoi qu’il en soit, et qui que ce soit qui ait influencé la décision de retourner en Iran après la «destruction» du programme nucléaire iranien lors de la «guerre des douze jours» de l’été 2025, tout cela appartient au passé. Il est temps pour les États-Unis de se retirer de ce bourbier. »

Michael Flynn avance trois idées, craignant que le prestige international des États-Unis ne continue de décliner et que la puissance économique du pays n’atteigne un point de rupture. « Le prestige et la santé économique sont deux aspects que tous les grands empires ont vus menacés à la fin de leur existence. » Il convient de noter que Michael Flynn est un spécialiste du « déclin des empires ». Faisant écho aux propos de Xi Jinping concernant le « déclin des États-Unis », tenus devant son invité, Donald Trump, Michael Flynn a-t-il déclarés ?

Les trois idées de Michael Flynn sont les suivantes :

  1. « Déclarer la victoire en se basant sur les objectifs militaires atteints et instaurer un cessez-le-feu formel, supervisé et soutenu par la région, accompagné d’un allègement progressif des sanctions en fonction des conditions remplies par le régime iranien. » Voilà un sujet passionnant !
  2. « Tirer parti de la diplomatie multilatérale et des alliances régionales pour créer un cadre de sécurité plus large, allégeant ainsi le fardeau direct actuellement supporté par les États-Unis. Il convient ou non d’examiner sérieusement si les accords d’Abraham peuvent être mis en œuvre comme composante essentielle de ce cadre. » Problème : les « accords d’Abraham » de Netanyahou et les « accords d’Isaac » du Milei argentin prosioniste ne valent plus grand-chose.
  3. « Réduire les tensions unilatéralement, en définissant des lignes rouge clair, observables et crédibles, tout en maintenant une posture de dissuasion durable, mais sans recourir aux combats. C’est plus facile à dire qu’à faire. » Problème : le général Michael Flynn répond lui-même à la question.
  4. Sa conclusion réaliste s’attarde indirectement sur le fait que « les intérêts économiques (prix du pétrole, répercussions mondiales, hausse générale des prix), ainsi que la pression des alliés, favorisent un règlement rapide plutôt qu’une guerre d’usure ». Hormuz a défini la guerre asymétrique du Golfe persique !

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