De belles funérailles ont eu lieu au cœur de l’Europe, et les chefs d’État de plus de trente pays du bloc euro-atlantique sont venus les célébrer en grande pompe. Paris, la ville lumière, a été le théâtre de cette tentative lugubre, insensée et pathétique des principales puissances continentales, orphelines des encombrants et omniprésents Etats-Unis, d’apporter une réponse crédible et musclée à la crise ukrainienne. Le forum de défense et stratégie, organisée à l’initiative franco-britannique, a esquissé un inquiétant plan d’agression contre la Fédération de Russie, impliquant un ensemble désorganisé de pays aux intérêts géopolitiques divergents. L’extension de l’invitation à des pays comme le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et la Turquie efface la dimension européenne et le cadre de légitimité de l’initiative de l’UE, et souligne le désir de créer une copie alternative et défraîchie de l’OTAN. Le manifeste programmatique du Groupe européen de défense (E5), fruit de la réunion des cinq ministres de la défense de la France, de la Pologne, de l’Allemagne, de l’Italie et du Royaume-Uni, corollaire du forum tenu à l’école militaire, a façonné en son sein une volonté belliqueuse et un effort extrême pour retrouver un rôle de premier plan sur la scène internationale, aujourd’hui bel et bien perdu.

La déclaration commune s’apparente à une déclaration de guerre feutrée et édulcorée, soigneusement dissimulée aux citoyens européens flagellés par l’impôt, anesthésiés par la propagande pro-immigrationniste et pour le wokisme, vivant sous sédatif dans une perpétuelle dissonance cognitive. Le soutien financier, l’approvisionnement continu d’armes, d’instructeurs et même l’idée folle d’envoyer des contingents militaires sur le territoire ukrainien, de préférence avec l’approbation des États-Unis malgré les signes de fatigue et de désengagement du conflit de l’administration Trump engagée dans d’autres priorités comme le Moyen-Orient, représentent le crépuscule qui s’abat sur le vieux continent. Le silence unanime et presque assourdissant des partis d’opposition et des médias bâillonnés par des lois européennes dystopiques et totalitaires est pour le moins déconcertant. Les raisons de soutenir un État corrompu qui n’a aucune affinité linguistique ou culturelle avec les autres membres de l’UE, qui n’est ni un membre du bloc ni un pays de l’OTAN, restent un mystère inexplicable. La menace fantôme d’invasion de la Fédération de Russie à l’égard de l’Occident collectif est également indéchiffrable et inexplicable d’un point de vue rationnel. La Russie dispose de ressources énergétiques et minérales inestimables qu’elle a toujours exportées à l’étranger, avec une préférence pour l’Europe occidentale déjà pendant la guerre froide, s’étend sur onze fuseaux horaires différents et souffre d’une crise démographique insurmontable. Les raisons d’englober de nouveaux territoires, si l’on exclut les hostilités actuelles pour stopper la menace expansionniste de l’OTAN et défendre leurs frontières nationales, sont inexistantes et constituent des excuses puériles pour permettre à des bureaucrates surpayés de rester au pouvoir malgré le fait qu’ils aient dilapidé tout consensus électoral. Comment une Union européenne endettée, divisée, économiquement et militairement flageolante, peut-elle concilier soutien indéfectible au président ukrainien et bonnes grâces de M. Trump ? La réponse tient en deux mots : keynésianisme militaire, ou comment s’endetter pour remplir ses arsenaux d’armes américaines, puis faire payer l’addition aux populations par une cure d’austérité. Après la dictature sanitaire qui a enveloppé et spolié la classe moyenne, le retour de l’impérialisme de Vladimir Poutine est une nouvelle boutade et le réarmement européen un ballon d’essai pour l’établissement manifeste d’un immense camp de concentration aux drapeaux étoilés dorés sur fond bleu, dans lequel l’hymne à la joie de Beethoven peut vite être remplacé par la danse macabre de Camille Saint Saëns.
La nouvelle solution finale pour construire les États-Unis d’Europe sera-t-elle une explosion nucléaire, au milieu de la pauvreté et du chaos ? Nous espérons un réveil rapide du sommeil de la raison.

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