Les forces de sécurité pakistanaises ont bouclé dimanche plusieurs quartiers d’Islamabad. Les hôtels habituellement réservés aux diplomates étrangers sont désormais encadrés par des checkpoints mobiles. La raison : l’arrivée programmée du vice-président américain JD Vance pour un nouveau round de négociations avec l’Iran. Sauf que Téhéran n’a toujours pas confirmé sa venue.
L’administration Trump a officialisé l’envoi de sa délégation lundi via un message sur Truth Social. JD Vance sera accompagné de Steve Witkoff et Jared Kushner, déjà présents lors de la précédente tentative, le 12 avril. Ce rendez-vous avorté avait pourtant été présenté comme une percée historique, le premier échange direct depuis la révolution de 1979.
Mais depuis dimanche soir, la position iranienne est claire : aucun représentant ne quittera Téhéran pour le Pakistan. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a reproché à Washington des comportements incompatibles avec une vraie démarche diplomatique. Selon l’agence officielle Irna, l’Iran dénonce des exigences jugées excessives, des attentes irréalistes et des revirements constants.
La crise du détroit d’Ormuz alourdit encore la situation. Ce passage stratégique, où transite environ 20 % du pétrole mondial, est bloqué par un blocus naval américain instauré le 13 avril. En réaction, l’Iran a annoncé samedi reprendre le contrôle total de la zone, annulant sa décision de la veille. Le régime qualifie désormais ce blocus de punition collective, ce qui selon lui constitue une violation directe du cessez-le-feu expirant mercredi.
Un incident en mer a ravivé les tensions. Donald Trump a affirmé dimanche qu’un cargo iranien avait tenté de forcer le blocus dans le golfe d’Oman. La marine américaine aurait tiré sur la salle des machines du navire, dont l’équipage est désormais sous garde américaine. Par ailleurs, un bateau français de la CMA CGM a été visé samedi dans le détroit, une information confirmée par l’armateur.
Sur le dossier nucléaire, les positions restent éloignées. Trump assure que l’Iran a accepté de céder son uranium hautement enrichi. Téhéran dément et rappelle son droit au nucléaire civil. Le président Massoud Pezeshkian s’est interrogé sur le droit des États-Unis à vouloir priver l’Iran de cette technologie. Le président du parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a prévenu que des divergences fondamentales subsistent et que la confiance envers Washington reste nulle.
En cas d’échec, Donald Trump a promis sur Truth Social la destruction des centrales électriques et des ponts iraniens. Il avait déjà évoqué une possible réduction du pays à « l’âge de pierre ». Les négociateurs américains atterrissent donc ce lundi à Islamabad sans certitude de trouver en face des interlocuteurs iraniens.






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