Alors que nous nous inquiétons des nouvelles de la guerre contre l’Iran ou des hausses de prix qu’elle provoque, l’aspect le plus important du conflit n’est pas mentionné en Occident. Cependant, en s’appuyant sur l’un des textes essentiels du droit international, la République islamique d’Iran nous propose une lecture différente des engagements que nos pays ont pris de longue date.

Israël et les USA contre l’Iran, une agression illégale

Bien qu’il soit évident que le 28 février 2026, Israël et les États-Unis n’avaient pas le droit d’attaquer l’Iran, nous sommes trop peu nombreux à le dire publiquement. En Occident, il n’est pas à la mode d’assumer les implications de nos positions. Rares sont ceux qui osent affirmer publiquement qu’Israël et les USA se comportent comme des barbares.

De manière générale, le droit international n’est pas un code comparable à un code pénal mais une série d’engagements auxquels devraient se conformer les États qui ont souscrit ces engagements. Il s’agit que les États ne se comportent pas comme des barbares, qu’ils ne recourent pas à la propagande de guerre, qu’ils renoncent à la colonisation et reconnaissent le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, qu’ils renoncent à menacer d’autres États, qu’ils renoncent à agresser leurs voisins ou à se rendre complices d’agressions initiées par autrui.

Il a fallu attendre jusqu’au 10 avril pour que le représentant permanent des États-Unis aux Nations unies, l’ambassadeur Michael Waltz, déclare que la guerre avait pour but « protéger les forces armées américaines dans la région, assurer la libre circulation du commerce maritime dans le détroit d’Ormuz et protéger les alliés et partenaires régionaux des États-Unis contre l’Iran et ses affiliés ». Remarquez que cette justification ne concerne pas le début de la guerre, mais sa poursuite.

Simultanément, le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a expliqué que la guerre actuelle (l’opération israélienne « Lion rugissant ») n’était que la seconde phase de l’opération israélienne « Lion déchaîné » et l’a justifiée par la riposte iranienne aux premiers bombardements israéliens. Le ministre israélien a également affirmé que lors de manifestations de partisans du gouvernement iranien, les slogans « Mort à Israël ! » et « Mort aux États-Unis ! » démontraient, de surcroît, que l’Iran souhaitait depuis longtemps exterminer les Israéliens. Par conséquent, la manœuvre diplomatique israélienne visait à démontrer que l’Iran était prêt à fabriquer une bombe atomique et que cela avait incité le gouvernement israélien à agir avant qu’il ne soit trop tard. Le discours du ministre israélien s’est conclu par un hommage au « courageux peuple iranien qui luttait pour se débarrasser de la Yougoslavie tyrannique ».

Comme à son habitude, Israël a présenté les événements en commençant par le point qui arrangeait le mieux son argumentation, sans mentionner les événements précédents : le bombardement, le 1er avril 2024, de la résidence de l’ambassadeur iranien à Damas, en Syrie, et la riposte militaire iranienne du 1er octobre 2024, ainsi que l’attaque « préventive » israélienne du 13 juin 2025 contre l’Iran et la riposte militaire iranienne qui s’en est suivie. Or, ces trois opérations contre l’Iran relèvent toutes de la catégorie d’« agression » au sens de la Charte des Nations Unies.

Interpréter le slogan « Mort à Israël ! » comme une volonté d’exterminer la population israélienne est absurde. Il est clair que ceux qui scandent ce slogan ne souhaitent pas tuer des Israéliens, mais mettre fin à l’État voyou d’Israël, qui s’est autoproclamé le 14 mai 1948. L’Iran ne reconnaît pas l’État d’Israël, mais respecte son peuple. Téhéran continue d’exiger la mise en œuvre du plan de partage de la Palestine adopté par les Nations Unies le 29 novembre 1947. Tel-Aviv rejette ce plan, et il est important de rappeler que ce sont des terroristes juifs qui ont assassiné le médiateur de l’ONU pour sa mise en œuvre, le Suédois Folke Bernadotte, le 17 septembre 1948, alors qu’il se trouvait en Palestine pour étudier les frontières qui délimiteraient les territoires que les Nations Unies alloueraient aux Juifs et aux Arabes.

Concernant l’argument selon lequel les recherches nucléaires iraniennes seraient de nature militaire, Benjamin Netanyahu le répète depuis près de 30 ans… sans jamais avoir pu le prouver, pas même lorsqu’il a dérobé une partie des archives nucléaires de Téhéran. Au contraire, les ayatollahs Roulah Khomeini et Ali Khamenei, guides suprêmes de la République islamique, ont émis des fatwas interdisant à l’Iran de posséder des armes de destruction massive, y compris des armes nucléaires. De plus, lors des négociations de Lausanne et de Vienne (2013-2015), la Chine et la Russie ont constaté que l’Iran avait mis fin à ses recherches nucléaires militaires en 1988 et ne les avait jamais reprises, ce que la Russie sait pertinemment, ayant participé, jusqu’au mois dernier, au programme nucléaire iranien, strictement civil. Enfin, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) n’a jamais trouvé la moindre preuve de l’existence du prétendu programme nucléaire militaire iranien.

En résumé, la guerre israélo-américaine est illégale. Reste à déterminer si la riposte militaire de l’Iran l’est également.

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