Des frappes américaines et des ripostes iraniennes ont eu lieu jeudi 7 mai dans le détroit d’Ormuz, mettant à rude épreuve le cessez-le-feu conclu il y a un mois. Chaque camp rejette sur l’autre la responsabilité de cette poussée de violence, sans que la trêve ne soit officiellement enterrée.
Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient a expliqué que trois destroyers lance-missiles avaient été pris pour cible par des missiles, des drones et des embarcations rapides iraniens alors qu’ils traversaient le détroit en direction du golfe d’Oman. En retour, l’aviation a frappé des sites iraniens de lancement, des postes de commandement et des centres de renseignement. Aucun bâtiment américain n’aurait été endommagé.
Téhéran conteste cette version. Dans un communiqué relayé par la télévision d’État, l’état-major iranien accuse Washington d’avoir violé le cessez-le-feu en visant un pétrolier et un autre navire à leur sortie des eaux iraniennes. Il affirme avoir immédiatement répliqué contre des unités navales américaines, leur infligeant des dommages importants. Des détonations ont été entendues près de l’île de Qeshm, au cœur du détroit.
Le président américain a minimisé l’incident devant les journalistes, le qualifiant de « broutille ». Il a estimé que le cessez-le-feu tenait toujours. Quelques heures plus tard, sur son réseau social, il a pourtant menacé Téhéran de représailles « bien plus violentes » si aucun accord de paix définitif n’était signé rapidement. Son message dépeint l’Iran comme un pays dangereux, susceptible d’utiliser une arme nucléaire à la première occasion.
Le cessez-le-feu est en place depuis le 8 avril. Une seule rencontre de négociation s’est déroulée à Islamabad, sans aboutir. Depuis, le Pakistan joue les intermédiaires en maintenant un contact permanent avec les deux capitales. Téhéran n’a pas encore répondu à la dernière proposition américaine. Son porte-parole diplomatique a indiqué que le texte était toujours à l’étude et qu’une réponse serait transmise aux médiateurs pakistanais une fois arrêtée.
Dans le détroit d’Ormuz, la paralysie persiste. L’Organisation maritime internationale comptabilise environ 1 500 navires et 20 000 membres d’équipage bloqués depuis le début du conflit, fin février. Washington maintient aussi le blocus des ports iraniens instauré le 13 avril. Ces entraves pèsent sur le marché pétrolier : jeudi, le baril de Brent a reculé mais reste juste au-dessus de 100 dollars.
La veille encore, l’administration américaine laissait filtrer un certain optimisme, évoquant des progrès et la suspension d’une opération destinée à libérer l’accès au Golfe. L’épisode de jeudi rappelle le caractère fragile de toute désescalade dans la région.






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