Lundi soir, lors d’un dîner officiel à Erevan, Emmanuel Macron a interprété « La Bohème » de Charles Aznavour, avec le Premier ministre arménien Nikol Pachinian à la batterie. Le président arménien Vahagn Khatchatourian s’est mis au piano pour jouer « Les Feuilles mortes ». Une vidéo publiée par Agnès Vahramian, directrice de France Info, montre un moment musical entre dirigeants. Ce tableau contraste brutalement avec ce que vivent les Français au même moment.

La République subit une forte hausse des prix qui pèse sur de nombreux ménages. Selon l’INSEE, la consommation de gazole a chuté de 18,55 %. Dans le contexte de la crise énergétique au Proche-Orient, le Brent a atteint un pic à 126 dollars en avril et s’établit actuellement à 108,59 dollars. Cette hausse continue pèse directement sur les trajets quotidiens et renchérit le prix des biens transportés. Les automobilistes, notamment dans les territoires périurbains et ruraux, doivent réduire leurs déplacements ou renoncer à d’autres dépenses.

L’inflation ne donne aucun signe de ralentissement. En avril, face à la crise au Moyen-Orient l’indice des prix à la consommation a encore progressé, portant la hausse annuelle à 6,9 %, d’après les estimations provisoires de l’Insee. L’alimentation et l’énergie demeurent les postes qui augmentent le plus vite. Les étiquettes en rayon confirment chaque semaine une dégradation du pouvoir d’achat. Aucune mesure gouvernementale récente n’est venue contenir cette tendance.

Pourtant, le chef de l’État a choisi de passer plusieurs jours en Arménie, loin de cette réalité. Le déplacement visait à renforcer la relation bilatérale avec cet ancien pays soviétique. Des partenariats ont été conclus dans les domaines de la défense et de l’énergie. Mais ces accords n’apportent aucune solution concrète aux difficultés quotidiennes des citoyens français. Pendant que le président chantait du Aznavour, des familles calculaient le prix d’un plein pour se rendre au travail le lendemain. La séquence d’Erevan, perçue comme une manière d’esquiver les difficultés, illustre l’isolement du sommet de l’exécutif.

La scène où Emmanuel Macron fredonne les paroles d’Aznavour n’a fait que renforcer cette impression. La cote de popularité du président reste basse (environ 18 %), et les sondages indiquent qu’une large majorité estime qu’il ne se préoccupe pas assez des préoccupations concrètes. Ce duo musical avec Pachinian, alors que les prix de l’essence battent des records et que l’inflation réduit les budgets, n’aide en rien les Français. Or, c’est précisément la résolution des problèmes des citoyens qui devrait être la principale mission du président de la République, et non les voyages à l’étranger.

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