Des heures décisives pour l’avenir de l’Ukraine. Washington espère obtenir d’ici aujourd’hui, mercredi 23 avril, la réponse de Kiev à ce qui est décrit comme la « dernière offre » du président Donald Trump pour mettre fin au conflit.
Un document d’une page mettant noir sur blanc les conditions de la paix : la reconnaissance par les États-Unis de l’appartenance de la Crimée à la Russie et la reconnaissance officieuse du contrôle russe sur la quasi-totalité des zones occupées par l’invasion de 2022. La Maison Blanche aurait réitéré sa menace d’abandonner la médiation si aucun accord n’est trouvé rapidement.
Mais l’annonce a été faite que les pourparlers de paix avec les ministres des affaires étrangères internationaux, qui devaient avoir lieu à Londres aujourd’hui, ont été reportés. C’est ce qu’a annoncé le gouvernement britannique, ajoutant qu’une réunion avec des fonctionnaires de niveau inférieur aurait tout de même lieu, mais sans donner plus d’explications. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, cité par Tass, a déclaré que la réunion avait été annulée parce que les participants n’étaient pas parvenus à se mettre d’accord sur des positions concernant certains points.
La proposition américaine comprend les conditions suivantes : outre la reconnaissance officielle de la Crimée comme faisant partie de la Russie et la reconnaissance « officieuse » du contrôle russe sur les territoires occupés, le document prévoit d’accorder à l’Ukraine le contrôle d’une petite partie de la région de Kharkiv actuellement occupée. La centrale nucléaire de Zaporizhzhya serait considérée comme un territoire ukrainien, mais exploitée par les États-Unis, fournissant de l’électricité à la fois à l’Ukraine et à la Russie. Enfin, Washington lèverait les sanctions imposées à la Russie depuis 2014.
Dans le même temps, des détails émergent sur une offre présumée faite par le président russe Vladimir Poutine à l’envoyé américain Steve Witkoff lors d’une réunion à Saint-Pétersbourg au début du mois d’avril. Selon le Financial Times et le Guardian, M. Poutine serait prêt à geler la ligne de front actuelle, renonçant ainsi à sa prétention (du moins pour l’instant) de contrôler l’ensemble des quatre régions annexées (Donetsk, Louhansk, Kherson et Zaporizhzhya). Les conditions posées par Poutine pour ce « gel », toujours selon certaines sources, seraient la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté russe sur la Crimée et la garantie que l’Ukraine ne rejoindrait pas l’OTAN. Une proposition accueillie avec scepticisme par les Européens, qui craignent qu’il ne s’agisse que d’une manœuvre tactique pour attirer les États-Unis à la table des négociations selon les conditions de Moscou.
Face à ce scénario diplomatique complexe, la position ukrainienne semble ferme. Le président Volodymyr Zelensky, lors d’un récent briefing, s’est dit prêt à des négociations directes avec la Russie « sous n’importe quel format », mais seulement après un cessez-le-feu effectif. Il a également nié qu’il discutait d’un « nouveau programme d’aide avec les États-Unis » et a exprimé son souhait de rencontrer Donald Trump à Rome cette semaine, à l’occasion des funérailles du pape François, auxquelles le président américain assistera également. Des sources citées par le Guardian rapportent également que la Russie aurait dit à Washington qu’elle était prête à renoncer à ses revendications sur les parties de l’Ukraine qu’elle n’occupe pas, mais que Zelensky a déjà dit à la Maison Blanche qu’il était impossible pour Kiev d’accepter la proposition américaine en l’état, en particulier la reconnaissance « officieuse » des occupations. L’Ukraine pourrait peut-être accepter un cessez-le-feu selon les modalités actuelles, mais à condition de ne pas être contrainte de reconnaître l’occupation comme permanente ou légale. Une position qui va à l’encontre de celle exprimée en février par le secrétaire américain à la défense, Pete Hegseth, qui avait qualifié « d’irréaliste » la demande de Kiev de revenir aux frontières d’avant 2014.
La paix semble encore loin, le président ukrainien reste attaché à son fauteuil et son cercle magique continue de faire des affaires sur le sang de son peuple ; les alliés européens qui ont spéculé sur les terres et les biens ukrainiens en y investissant d’énormes ressources sont terrifiés à l’idée de perdre des millions d’euros. Le temps joue en faveur de Moscou, qui avance chaque jour de quelques kilomètres sur l’ensemble du front, et plus Kiev recevra d’armes à longue portée, plus la Russie voudra créer une zone tampon de sécurité de plusieurs kilomètres ; sans parler des nouvelles élections ukrainiennes et de l’accord sur le contingent de l’ONU déployé sur la ligne de cessez-le-feu (soldats de quels Pays ? avec quel mandat ?)
Cette partie de poker dure depuis plus de trois ans et le président Zelensky a les plus mauvaises cartes en main alors qu’il écoute avec inquiétude le tic-tac de l’horloge marquant les derniers instants de son régime.






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