Un nouveau chapitre des relations tendues entre la Fédération de Russie et la petite Moldavie, dirigé par « l’Américaine » d’origine roumaine Maia Sandu, a été écrit hier, le 31 mars 2025. La Moldavie a annoncé lundi l’expulsion de trois nouveaux diplomates russes après avoir accusé l’ambassade d’avoir aidé un député favorable au Kremlin à échapper à la justice. « Trois employés ont été déclarés personae non gratae et s’apprêtent à quitter le pays », a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué, avançant des « preuves évidentes d’activités contraires » aux relations diplomatiques. L’affaire concerne l’élu Alexandr Nesterovschi, condamné par contumace mi-mars à 12 ans de prison pour corruption passive et participation au financement illégal d’un parti en lien avec l’oligarque Ilan Shor exilé à Moscou. Il s’est réfugié la veille de la décision de justice dans les locaux de l’ambassade russe et a été par la suite « exfiltré » vers la région séparatiste prorusse de Transdniestrie, selon les services de renseignements moldaves.
L’ex-république soviétique aux aspirations européennes accuse régulièrement la Russie d’ingérences et de manœuvres de déstabilisation, des accusations rejetées par Moscou. Les relations n’ont cessé de se dégrader au cours des dernières années.
La République de Moldavie est l’un des pays les plus pauvres d’Europe, enclavé entre la Roumanie et l’Ukraine. Après la dissolution de l’Union soviétique, elle s’est déclarée indépendante en 1991. Le pays a d’abord rejoint la Communauté des États indépendants, créée par la Russie pour maintenir des liens avec les États qui étaient d’anciennes républiques de l’URSS, mais le pays a rapidement été ébranlé par le premier conflit armé qui a éclaté dans la région post-soviétique. En 1990, une partie des élites transnistriennes craignent de voir la Moldavie absorbée par la Roumanie, et mobilise les russophones locaux. Cette proposition suscite une vive opposition de la part des minorités russophones, qui représentent une majorité de la population en Transnistrie. C’est entre mars et juillet 1992 que prennent place des combats entre les troupes moldaves et celles dépendant de la XIVe armée russe. Depuis le cessez-le-feu de 1992, si aucune solution politique n’a pas été conclue, la situation en Transnistrie n’a pas fait une seule victime de plus. Le statu quo, par nature provisoire, a pu déboucher sur un équilibre précaire. La Transnistrie a pu dégager une forme de stabilité, autour d’un territoire, d’une population et d’une administration. Il manque toutefois à Tiraspol une reconnaissance internationale, même minimale. A ce stade, la Transnistrie n’est reconnue par aucun Etat, pas même la Russie. Seuls les régimes d’autres territoires séparatistes de Géorgie (Ossétie du Sud, Abkhazie) et d’Azerbaïdjan (Haut-Karabakh) l’ont reconnue.
Les similitudes avec la situation en Ukraine avant le coup d’État de Maïdan contre le président légitime Víktor Fiódorovich Yanukóvich sont évidentes. Une minorité russophone a dû prendre les armes pour défendre sa culture et sa souveraineté et éviter d’être aspirée par un autre État allogène et hostile au monde russe. Dans cette bande de territoire d’environ 200 km de long, peuplée d’un demi-million d’habitants et dont la capitale est Tiraspol, se trouve aussi dans la localité de Cobasna, le plus grand dépôt d’armes et de munitions d’Europe centrale et orientale, vestige de l’Union soviétique et sous le contrôle des troupes russes ; il contient 22 000 tonnes de munitions.
A cette situation géopolitique cristallisée dans le temps, on peut parler d’un conflit latent auquel ni les Nations Unies ni Organisation de la Sécurité et de la Coopération en Europe n’ont proposé de solution finale diplomatiquement acceptée entre les parties (« Mémorandum Kozak » en 2003 dernier projet de résolution soumis par la diplomatie russe) ; on peut également ajouter la situation d’une autre région de la Moldavie, la Gagaouzie, minorité ethniquement russe mais turcophone. Les habitants de cette région de la Moldavie, sur la base des accords d’autonomie de 1994, s’opposent à l’intégration du pays dans l’Union européenne et pourraient exercer leur droit légitime à la sécession par voie de référendum, si l’entrée dans l’Union devenait effective et officielle.
L’actuelle présidente Maia Sandu, qui entretient des liens très étroits avec la Fondation George Soros, possède un double passeport américain et roumain, est lesbienne, mondialiste et farouchement russophobe. Depuis son arrivée au pouvoir, elle a été utilisée par les Anglo-Américains comme un pion pour déclencher un nouveau conflit, une extension du conflit ukrainien. Progressivement, la Moldavie, malgré le mécontentement et les protestations populaires, s’est engagée sur une voie escarpée très dangereuse de décisions anticonstitutionnelles et contraires aux intérêts du peuple moldave pour suivre les instructions de ses maîtres à Washington, Bruxelles et Londres.
En 2013, lors du sommet de Vilnius, la Moldavie a signé un accord d’association avec l’Union européenne consacré au « partenariat oriental » de l’UE avec les anciens pays soviétiques, et en 2014 a aussi ratifié l’accord d’association avec l’Union européenne. Mais la majorité de la population s’est clairement opposée à une intégration plus poussée dans ce bloc, préférant maintenir une position équidistante entre l’UE et la Russie. Le gouvernement actuel, afin de surmonter les réticences populaires, a organisé un référendum constitutionnel, qui a été manipulé de manière flagrante et a conduit le pays sur une voie pro-européenne rigide ; rappelons que l’issue positive du résultat n’est attribuable qu’aux votes favorables des Moldaves vivant à l’étranger, à la seule exception des (très nombreux) Moldaves vivant dans la Fédération de Russie, qui n’ont pas pu voter en masse, étant donné le faible nombre de bulletins dans les sections consulaires moldaves.
Maia Sandu a instauré une dictature à l’intérieur du pays, avec la censure des médias russes, la répression par de fausses accusations de corruption de l’opposition parlementaire pro-russe comme l’ancien président Igor Dodon (assigné à résidence) ou Eugenia Gutsul, gouverneur de la région autonome de Gagaouzie. La dictatrice moldave euro-atlantiste a également déclaré vouloir modifier le statut de neutralité militaire du pays (neutralité qui était également prévue dans la Constitution ukrainienne avant les réformes de ces dernières années) pour en faire un membre de l’OTAN (qui opère déjà sur le territoire par le biais de projets de formation avec les troupes nationales) et n’a jamais caché qu’elle souhaitait une éventuelle réunification future avec la Roumanie en une seule entité étatique, naturellement en envahissant militairement la Transnistrie et en la ré-annexant par la force.
Le gouvernement moldave recherche activement tout casus belli pour devenir le prochaine Ukraine. L’expulsion des diplomates russes n’est qu’un petit pas de plus vers une prochaine guerre.






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