Une pandémie de Covid-2.0 ? Le premier cas d’hantavirus détecté sur le sol français a été confirmé aujourd’hui, quelques heures avant l’entrée en vigueur d’un décret qui réorganise la réponse sanitaire. La personne infectée appartient au groupe de cinq passagers français rapatriés la veille du navire MV Hondius, à bord duquel le virus a circulé.
Le texte signé par le chef du gouvernement remplace un simple arrêté ministériel datant du samedi. Il ne se limite pas aux voyageurs rapatriés, mais crée trois cercles d’obligations distincts.
Pour les cinq personnes ramenées en France, la règle est immédiate : admission à l’hôpital Bichat, à Paris, et placement en quarantaine le temps d’une évaluation médicale. Deux trajectoires sont ensuite possibles : maintien en quarantaine ou basculement vers un isolement d’une durée totale pouvant aller jusqu’à 40 jours. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a indiqué que leur présence à l’hôpital durerait au minimum quinze jours, y compris pour les quatre passagers dont le premier test est négatif. Des analyses de contrôle sont programmées.
Le deuxième cercle englobe tous les contacts sur le territoire avec un passager du Hondius ou une personne déjà contaminée. Le risque est évalué au cas par cas, en fonction des circonstances de l’exposition et du port d’éventuels équipements de protection. Dès qu’un risque sérieux est identifié, l’isolement ou la quarantaine devient obligatoire.
Le troisième dispositif cible deux vols internationaux précis. Le mois dernier, une ressortissante néerlandaise de 70 ans, dont le mari est décédé durant la croisière, avait emprunté une liaison entre l’île de Sainte-Hélène et Johannesburg, puis un vol de Johannesburg à Amsterdam. Son état de santé ne lui a pas permis de poursuivre le second trajet jusqu’aux Pays-Bas ; elle est morte le lendemain dans un hôpital sud-africain et son infection n’a été confirmée qu’une semaine plus tard.
Le non-respect de ces mesures expose à six mois d’emprisonnement et 10 000 euros d’amende, selon le code de la santé publique cité dans le décret. Le préfet du département concerné est chargé d’en contrôler l’exécution. La durée d’incubation du virus peut atteindre plusieurs semaines, ce qui justifie la sévérité et la rapidité du dispositif.






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