L’analyste indien Kamlesh Singh affirme que « l’Iran n’a pas grand-chose à perdre. Les États-Unis, eux, ont beaucoup : l’économie, les pétrodollars, l’hégémonie et la crédibilité (…). L’Iran est en train de gagner. Il ne fait que survivre encore quelques semaines ».

L’agression israélo-américaine contre l’Iran dure depuis 32 jours sans qu’aucune solution tangible ne se profile à l’horizon, hormis quelques « bribes de paix » de la part des États-Unis et de l’Iran ; à l’exception de Netanyahu, qui souhaite poursuivre sa guerre talmudique pour un « Grand Israël », qui n’a jamais existé.

Deux médias, le quotidien israélien Haaretz (un farouche opposant à Netanyahu) et l’Executive Intelligence Review américain, font allusion à la médiation notable du Pakistan.

Zvi Bar’el, analyste stratégique du Haaretz, affirme que « les efforts déployés pour mettre fin à la guerre en Iran sont en train de forger une nouvelle alliance régionale », alors que la récente conférence quadripartite des ministres des Affaires étrangères de Turquie, d’Égypte, d’Arabie saoudite et du Pakistan à Islamabad, visant à « désamorcer » le conflit, a établi un « nouveau partenariat militaire stratégique pour la défense mutuelle ». L’analyste du Haaretz conclut qu’« Israël rêvait d’une telle OTAN arabe » (Note : erreur flagrante, car parmi les quatre pays mentionnés, seuls l’Égypte et l’Arabie saoudite sont « arabes »), mais que « la plupart de ces pays estiment qu’Israël a déclenché une guerre qui a semé la destruction à leurs frontières ».

Le magazine américain Executive Intelligence Review note qu’en signe de bonne volonté, « l’Iran a autorisé 20 navires supplémentaires » battant pavillon pakistanais – soit deux par jour – à traverser le détroit d’Ormuz. Il souligne que « bien que majoritairement sunnite comme l’Arabie saoudite, le Pakistan compte une importante minorité chiite, estimée à 40 millions de personnes, un chiffre seulement dépassé par les quelque 80 millions de chiites iraniens ».

Le Pakistan, avec ses 160 millions d’habitants, sa majorité sunnite et son importante minorité chiite, est le seul pays musulman à posséder 170 armes nucléaires  parmi les 57 États membres de l’Organisation de la coopération islamique, qui regroupe 1,2 milliard de fidèles.

Selon le général Feroz Hassan Khan [6], le programme nucléaire pakistanais a été financé par l’Arabie saoudite. Ceci explique le récent pacte de défense mutuelle 2025 conclu entre Riyad et Islamabad.

On pourrait affirmer, de manière simpliste, que cette alliance quadripartite est exclusivement sunnite.

Les relations militaires entre la Turquie et le Pakistan sont très étroites, et depuis l’année dernière, une alliance de défense trilatérale entre la Turquie, l’Arabie saoudite et le Pakistan se développe en réponse à la grave menace israélienne, qui repose sur des bases militaires et dispose d’armes nucléaires clandestines.

Les relations entre le Pakistan sunnite et l’Iran chiite se sont renforcées avec la menace israélienne, soutenue par les États-Unis, contre l’Iran durant la guerre des Douze Jours, lorsque Netanyahu a laissé entendre qu’il était prêt à utiliser « l’ option Samson » contre les missiles hypersoniques iraniens capables de pénétrer le réacteur nucléaire de Dimona.

Peu de pays au monde, comme le Pakistan, entretiennent d’excellentes relations à la fois avec les chiites iraniens et les trois puissances sunnites régionales (Turquie, Arabie saoudite et Égypte). Le Pakistan entretient également d’excellentes relations avec les États-Unis – relations qui remontent à l’époque d’Oussama ben Laden et se sont poursuivies sous la présidence de Trump – et surtout avec la Chine, une amitié indéfectible dans tous les domaines (militaire, technologique et commercial), renforcée par le Corridor économique Chine-Pakistan (CPEC). Dès lors, la visite du vice-Premier ministre pakistanais, Ishaq Dar, à son homologue chinois, Wang Yi , n’a surpris aucun observateur averti. Cette visite visait à maintenir une position diplomatique équilibrée entre les États-Unis et la Chine afin de mettre fin à la guerre contre l’Iran, et a abouti à une recommandation en cinq points.

Le président iranien Pezeshkian a déclaré être prêt à mettre fin à la guerre, à condition que les États-Unis et Israël garantissent qu’ils cesseront définitivement leur agression contre le pays perse.

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