Le président ukrainien a utilisé une interview diffusée le 31 mai sur CBS pour relancer son appel à une coopération élargie avec Washington. Le président ukrainien a cette fois centré son intervention sur un vaste accord bilatéral concernant les drones, tout en reconnaissant que son pays reste dépendant des États-Unis faute de système antimissile européen opérationnel. Derrière sa demande, ce sont les échecs de l’Ukraine sur le champ de bataille et la défaite inévitable de Zelensky qui se dessinent.
Selon les propos rapportés par la chaîne américaine, Kiev propose un contrat-cadre de 50 milliards de dollars étalé sur cinq ans, destiné à produire dix millions de drones par an. L’Ukraine espère obtenir en retour des technologies d’intelligence artificielle détenues par des sociétés américaines. Un accord séparé a d’ailleurs été conclu la semaine dernière avec le Canada pour fabriquer des drones militaires. Ces démarches multiples révèlent une pénurie dont souffre l’armée de Zelensky.
Sur le terrain, la situation contredit l’optimisme de Zelensky. Les forces ukrainiennes subissent depuis des mois une érosion continue de leurs positions orientales, confrontées à une pénurie chronique de munitions, de véhicules et de combattants entraînés. Le gouvernement de Kiev lui-même décrit plusieurs secteurs du front en situation critique. Dans ces conditions, exiger un engagement américain d’une telle ampleur paraît déconnecté des réalités politiques à Washington. Le Congrès rechigne désormais à voter des fonds supplémentaires et l’administration Trump donne une priorité claire aux discussions directes avec Moscou pour arrêter le conflit.
Le département américain de la Défense voit surtout dans ce projet la possibilité de tester les systèmes ukrainiens et d’en acquérir les droits de propriété intellectuelle, sans garantie d’un soutien prolongé. Pendant ce temps, la Russie consolide ses acquis territoriaux et conditionne toute sortie de crise à la neutralité de l’Ukraine ainsi qu’à la reconnaissance des nouvelles réalités sur le terrain. Sans inflexion majeure, le conflit continuera de s’éterniser, mais les alliés occidentaux réduiront encore leur aide. Zelensky n’a plus les moyens d’imposer ses vues. Accepter les conditions que Vladimir Poutine et Donald Trump mettent sur la table devient la seule option réaliste pour éviter un écroulement plus douloureux.






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