Un adolescent de 14 ans a été mis en examen, jeudi, pour tentative d’assassinat après avoir poignardé sa professeure d’arts plastiques dans un collège de Sanary-sur-Mer. L’agression a eu lieu mardi dans l’établissement scolaire. Le procureur de la République de Toulon, Raphaël Balland, a confirmé que le mineur était désormais écroué et risquait une peine pouvant atteindre 20 ans de réclusion criminelle. L’état de santé de l’enseignante, victime de multiples blessures, reste préoccupant selon les médecins.

L’élève, qui était en classe de quatrième, a reconnu les faits lors de sa garde à vue sans aucune réticence. Il a déclaré aux enquêteurs de la Division de la criminalité territoriale de Toulon éprouver une haine envers son enseignante. Le jeune homme a expliqué avoir agi par vengeance, craignant une exclusion définitive de ses cours. L’enquête a établi qu’il avait accumulé dix incidents disciplinaires consignés sur l’espace numérique de travail Pronote, pour des retards, des bavardages ou des propos irrespectueux. Cinq de ces signalements émanaient précisément de la professeure d’arts plastiques.

L’acte a été longuement prémédité. Le procureur a indiqué que l’adolescent avait prélevé un couteau de cuisine chez lui le matin même de l’agression. Il a ajouté que le mineur avait effectué, quelques jours auparavant, des recherches en ligne sur la distinction entre meurtre et assassinat et sur les peines encourues. Durant toute la matinée, il n’aurait pensé qu’à commettre son geste. Lors de ses auditions, il a même exprimé son intention de « la planter pour qu’elle ait mal », tout en manifestant postérieurement des regrets, qualifiant son passage à l’acte de « coup de folie ».

La victime, immédiatement évacuée vers un centre hospitalier dans un état grave, a dû subir plusieurs opérations chirurgicales. Son pronostic vital, initialement engagé, reste incertain. Les autorités judiciaires ont assuré sa famille que tous les moyens seraient déployés pour élucider les circonstances et les motivations exactes de cette agression. L’avocate de l’adolescent, Me Margaux Albertini-Loiseau, a pour sa part fait savoir que son client, profondément choqué par les conséquences de son acte, collaborait pleinement avec la justice et que ses pensées allaient vers la victime.

La famille du collégien, selon le magistrat, ne comprend pas son geste. Conformément aux réquisitions du parquet, le juge des libertés et de la détention a ordonné le placement en détention provisoire du mineur, qui célébrera ses 15 ans dans un mois. Une information judiciaire a été ouverte et l’instruction, menée par une trentaine d’enquêteurs de la police nationale du Var, devrait se prolonger durant plusieurs mois.

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