La direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF) a annoncé aujourd’hui une amende record de plus de 22 millions d’euros à l’encontre du géant chinois de la mode à bas prix Shein. Cette décision sanctionne plusieurs manquements aux obligations d’information des acheteurs en ligne.

Fondée en 2008 à Nankin, Shein s’est imposée en France grâce à des prix très bas et un catalogue renouvelé chaque jour. Depuis la découverte de poupées à caractère pédopornographique sur le site fin 2025, les autorités surveillent de près la plateforme.

L’amende se divise en deux volets. La société ISSL, qui exploite la plateforme, doit payer 16,7 millions. La DGCCRF lui reproche de ne pas avoir fait figurer, dans les courriels de confirmation de commande envoyés l’an dernier, des informations pourtant obligatoires comme le nom du vendeur, le prix détaillé ou les délais de livraison. La seconde entité visée, ISEL, chargée de vendre les produits de la marque, écope de 5,7 millions d’euros. L’administration critique un manque de clarté dans la politique de retour : la différence entre le droit légal de rétractation de quinze jours et l’offre commerciale étendue à quarante-cinq jours n’était pas suffisamment mise en évidence pour le consommateur. La DGCCRF relève aussi l’absence momentanée d’une fiche d’information sur les caractéristiques environnementales des articles.

Shein conteste l’ensemble de ces sanctions. L’entreprise affirme que toutes les données nécessaires étaient consultables dans l’espace client du site et que l’autorité disposait de ses courriels depuis plus d’un an sans l’en avoir alertée, ce qui, selon elle, visait à maximiser le montant de l’amende. Concernant l’information environnementale, la plateforme précise qu’un incident technique a provoqué la disparition temporaire de la fiche, corrigée le jour même avant la réception de la décision administrative. Le groupe juge la pénalité disproportionnée et discriminatoire.

Le ministre du Commerce, Serge Papin, a déclaré que l’État ne laisserait aucun répit à ces plateformes après le scandale des poupées, et qu’il s’agissait de sanctionner un modèle économique qui fait l’impasse sur la protection du consommateur. L’entourage du ministre rappelle qu’il n’y a pas de traitement de faveur. Ces derniers mois, les sanctions se multiplient : il y a un an, Shein avait déjà accepté une amende de 40 millions d’euros pour pratiques commerciales trompeuses, et la semaine dernière, la Commission européenne a infligé 200 millions d’euros à Temu pour vente de produits illégaux.

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