Les « Epstein Files » publiés par le ministère américain de la Justice en janvier 2026 contiennent le nom d’Antoine Verglas à 614 reprises. Ce photographe français, installé à New York depuis les années 1990, a travaillé pour le financier américain condamné pour agressions sexuelles sur mineures. Les échanges de courriels dévoilés montrent que Verglas a réalisé plusieurs séances photo commandées par Epstein entre 2008 et 2013.
La première trace financière remonte à octobre 2008. Un avocat d’Epstein, alors incarcéré pour sollicitation de prostitution et incitation de mineure à la prostitution, demande à J.P. Morgan un virement de 10 837,50 dollars à la société d’Antoine Verglas. Le photographe affirme aujourd’hui n’avoir pas eu connaissance de cette condamnation à l’époque.
En août 2012, une nouvelle commande est passée. Une personne dont l’identité a été caviardée demande à Verglas une photographie de « quatre filles en noir et blanc en manteaux puis nues ». Le tarif journalier proposé par le photographe est de 10 000 dollars. Verglas assure qu’il s’agissait seulement d’un « portrait de groupe des assistantes de Monsieur Epstein ». Il déclare avoir détruit les fichiers après le shooting.
Les documents judiciaires révèlent qu’Epstein accordait une importance extrême à la confidentialité de ces images. Le lendemain de la séance d’août 2012, il écrit à son assistante pour exiger d’être le seul à avoir accès au lien de téléchargement. Verglas confirme en octobre 2012 que les fichiers originaux ont été supprimés.
Le photographe a également séjourné sur l’île privée d’Epstein, Little Saint James, le 13 février 2013. Invité à y passer une nuit, il est autorisé à ramener des femmes, selon un courriel. Verglas explique qu’il devait y discuter d’un projet immobilier à Saint-Barthélemy. Il déclare n’avoir vu aucun comportement inapproprié et être reparti le lendemain matin. Il a toutefois envoyé des remerciements à l’assistante d’Epstein, accompagnés de photos prises sur place, dont un fichier nommé « Svetlana_StBarth_JPEG ».
La relation avec Verglas servait aussi d’appât. En juin 2013, une femme écrit à Epstein qu’elle souhaite rencontrer « Antoine, le photographe de nus ». En décembre de la même année, Epstein demande à une autre personne d’envoyer « sa photo la plus sexy » pour ce photographe qu’il présente comme « un bon ami ». Le criminel a également joué l’intermédiaire avec un agent de mannequins, Ramsey Elkholy, qui cherchait à obtenir des séances photo pour ses protégées.
En mars 2018, Elkholy écrit à Epstein : « Tu demanderais à Antoine de faire une séance photo avec une fille ? » Epstein lui répond : « Sers-toi de lui à ton avantage. »
Antoine Verglas affirme aujourd’hui n’avoir jamais participé à une activité illégale et regrette sa naïveté. Le parquet de Paris n’a pas ouvert d’enquête à son encontre. Les « Epstein Files » contiennent environ 180 000 photographies. La plupart des images à caractère explicite ont été retirées des publications officielles.






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