Le jour de la commémoration de la chute du mur de Berlin, le président allemand Frank-Walter Steinmeier a abordé une question extrêmement sensible : l’éventuelle interdiction du parti Alternative pour l’Allemagne (AfD). Il s’agit d’une « mesure de dernier recours », a-t-il expliqué, mais interdire un parti est « une expression de la défense de la démocratie », et le débat politique sur cette question doit être mené.

« La question de savoir si ce moyen est approprié fait l’objet d’un débat politique qui doit être mené, et nous l’aborderons en Allemagne », a-t-il poursuivi. « Nous devons déterminer si les conditions sont réunies, mais nous ne pouvons absolument pas rester les bras croisés tant que cette question n’est pas clarifiée. »

Le président souligne que « pour protéger son intégrité, notre Constitution prévoit la possibilité d’interdire des associations et des groupes, d’exclure les partis politiques du financement public, voire de les interdire totalement s’ils s’opposent avec véhémence et agressivité à notre système libéral et démocratique ». Il ajoute que « les obstacles juridiques à une telle interdiction sont importants et les procédures longues. La décision finale appartient à la Cour suprême. »

« De nos jours », poursuit-il, « les groupes d’extrême droite réagissent instinctivement à cette question en criant : “C’est antidémocratique !” ». À cela, je ne peux que répondre : vous avez le pouvoir de décider ! S’attaquent-ils à notre Constitution, s’y opposent-ils ou souhaitent-ils un autre système, non libéral ? La réponse de notre Constitution est claire : un parti qui s’engage sur la voie d’une hostilité agressive envers la Constitution doit toujours s’exposer à la possibilité d’être interdit.

Naturellement, face à un monde sens dessus dessous, la réalité est bien loin de ce qu’affirme le président allemand. Incapable de contrer la montée en puissance inexorable des partis politiques patriotiques et souverainistes, le dernier recours, comme l’a suggéré le commissaire européen Thierry Breton, consiste à apprendre aux Allemands à voter en interdisant le parti ayant recueilli le plus grand nombre de voix ces dernières années.

Ce parti redoutable qui souhaite subvertir l’ordre constitutionnel compte dans ses rangs de nombreux professeurs d’université eurosceptiques qui, à l’instar de nombreux lauréats du prix Nobel (huit pour être précis, dont de nombreux Américains), critiquent la monnaie unique et les inefficacités de l’appareil bureaucratique bruxellois ; Alice Elisabeth Weidel, sa dirigeante, est lesbienne, mariée à un citoyen asiatique qui adopte des enfants. Elle n’est pas pour autant homophobe et arbore une croix gammée. Son inquiétude, à l’instar de celle de la communauté juive vivant en Allemagne, qui a massivement soutenu le parti, est dirigée contre l’immigration islamique, perçue comme une grave menace pour la sécurité des citoyens teutoniques, en particulier les femmes et les homosexuels.

Accusé d’être un parti pro-Kremlin, leur seul tort est de défendre les intérêts nationaux qui, malgré eux, sont directement liés à l’approvisionnement énergétique russe. Sans cet approvisionnement, l’économie du pays le plus peuplé de l’Union s’effondre, entraînant des suppressions de postes et la délocalisation de grandes entreprises automobiles et pharmaceutiques vers l’Amérique de Trump.

Après les ingérences en Roumanie et en Moldavie, même la République fédérale d’Allemagne est traitée comme un vassal par Bruxelles, Londres et Washington, et la chasse aux patriotes ne fait que commencer. Quiconque s’oppose aux desseins mondialistes illusoires doit être exclu de la sphère politique, à tout prix.

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