Le président Emmanuel Macron s’est envolé pour une tournée de cinq jours dans les territoires d’outre-mer français dans l’espoir d’atténuer au moins partiellement les graves problèmes des possessions françaises de l’océan Indien, vestiges d’une grandeur perdue.
Ces occasions institutionnelles offrent une pause au gouvernement Bayrou tourmenté, de plus en plus instable et chancelant ; et la crise économique et sociale qui frappe le pays, sans parler des sondages qui voient le président Macron au plus bas en termes de popularité.
Quatre mois après le passage dévastateur du cyclone Chido, le chef de l’Etat y a présenté un plan de « refondation » de l’archipel, qui vise à renforcer la lutte contre l’immigration clandestine, l’habitat illégal et l’insécurité, et à soutenir l’économie locale. Celui-ci comportera une enveloppe de plus de 3 milliards d’euros sur six ans, a-t-il annoncé.
Lors de cette tournée, M. Macron compte réaffirmer les ambitions françaises de puissance régionale et une volonté de coopération renforcée avec les Etats du sud-ouest de l’océan Indien. Après des étapes à Mayotte et à La Réunion, les deux départements aux avant-postes de la présence française dans cette zone, il se rendra à Madagascar et à l’île Maurice. Jeudi, il participera à Antananarivo, la capitale malgache, au cinquième sommet de la Commission de l’océan Indien (COI), qui réunit cinq Etats insulaires (Madagascar, Maurice, Comores, Seychelles, France au titre de La Réunion).
Naturellement, derrière la façade d’un pouvoir qui, selon les souhaits d’un président sans légitimité populaire, devrait retrouver les gloires du siècle dernier avec une projection mondiale ; il y a des problèmes ancestraux et non résolus. Le département de Mayotte est le plus pauvre de France, avec 77 % de la population qui vit en dessous du seuil de pauvreté et un taux de chômage culminant à 37 %, croule tristement sous les difficultés. Selon les ONG présentes sur place, comme la Croix-Rouge française, l’accès à l’eau demeure difficile, avec des sources d’eau plus rares que jamais. A cela s’ajoute le problème de l’immigration clandestine avec des arrivées massives en provenance des Comores voisines.
Le président a annoncé dans ce sens un plan « Hurawa wa shaba » (mur de fer) pour lutter contre l’immigration clandestine venant des Comores, déjà largement ciblée par Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur, qui demandait la fin du droit du sol sur l’île. Déployé d’ici à la fin de l’année, le plan de l’Élysée aura pour objectif de parvenir à réaliser « 35 000 reconduites à la frontière par an ». En clair, celui-ci prévoit le déploiement de radars et d’intercepteurs, la montée en puissance du groupe d’appui opérationnel (GAO), une unité de la police aux frontières, le partage d’intelligence avec les pays des alentours, mais aussi la mise en place d’une « zone d’attente pour les immigrés en situation irrégulière ».
Dans cette zone stratégique du globe, les conflits territoriaux entre la République française et les pays voisins de ses possessions d’outre-mer perdurent également. Madagascar revendique la souveraineté sur les îles Eparses tout comme les Comores sur Mayotte, qui s’en est détaché lors de leur indépendance, en 1975, pour rester française. L’île Maurice réclame, de son côté, Tromelin au nord de La Réunion. Le canal du Mozambique renferme d’importantes réserves en hydrocarbures et halieutiques. Le rôle de la France y est désormais disputé par la Chine, qui investit massivement dans la zone, notamment à travers le développement de ports, et dispose d’une importante flotte de pêche. Les Etats-Unis, la Russie et l’Inde y renforcent également leur présence. Russes et Chinois y ont mené des exercices militaires avec l’Afrique du Sud. La Russie, après avoir tenté en vain d’adhérer à la COI en 2020, a apporté son soutien à Madagascar dans sa revendication sur les îles Eparses, tout comme aux Comores, dont elle s’est rapprochée, pour Mayotte.
Macron devrait maintenir une position défensive, en essayant de se distancer de toute ambition souverainiste d’autres pays mais en essayant en même temps d’intégrer ces territoires aux institutions de coopération régionale. Si l’on prend comme exemple la politique française en Afrique avec Macron a été totalement désastreuse, il a réussi à presque dissoudre la société francophone en aliénant de nombreux pays qui préféraient de nouveaux partenaires comme la Russie et la Chine. Espérons qu’une nouvelle catastrophe géopolitique pour la France dans l’océan Indien ne se reproduise pas.






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