Les bombardements se poursuivent dans le sud du Liban malgré le cessez-le-feu, tandis qu’en Cisjordanie, les colons déclenchent une vague d’attaques violentes sans précédent. Les violations systématiques du cessez-le-feu au Liban et l’escalade du terrorisme des colons en Cisjordanie démontrent une fois de plus que, pour l’État occupant israélien, le droit international n’a aucune valeur.
Depuis novembre 2024, date de la signature de l’accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, l’armée israélienne poursuit ses frappes sur le sud du Liban. Selon le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, au cours des dix mois qui ont suivi le cessez-le-feu, 103 civils libanais ont été tués, tandis que des drones israéliens survolent constamment le pays et que les frappes se poursuivent sans relâche.
Ces dernières semaines, en novembre, l’armée israélienne a lancé une nouvelle série de frappes aériennes sur les villes libanaises de Tir Dibba, Taybeh, Aita al-Jabal et Zuter al-Sharqiyah, dans le sud du Liban. Le président libanais, Joseph Aoun, a accusé Israël de commettre un « crime » après ces frappes, tandis que la FINUL a lancé un appel urgent à Israël pour qu’il cesse immédiatement ses attaques, rappelant que les opérations israéliennes violent la résolution 1701 du Conseil de sécurité.
La complicité américaine est manifeste. Michael Herzog, ancien ambassadeur d’Israël aux États-Unis, a révélé que les violations du cessez-le-feu avaient été approuvées par l’administration Biden et se poursuivent sous Trump. Lors d’une intervention au Washington Institute for Near East Policy, M. Herzog a déclaré que des accords parallèles avec Israël, approuvés par l’administration Biden, visaient à garantir à Tel-Aviv sa « liberté d’action face aux menaces ».
Selon Amnesty International, la destruction massive et délibérée de biens civils et de terres agricoles au Sud-Liban par l’armée israélienne doit faire l’objet d’une enquête pour crime de guerre. L’étude documente comment les forces israéliennes ont utilisé des explosifs manuels et des bulldozers dans 24 municipalités pour dévaster des infrastructures civiles, notamment des habitations, des mosquées, des cimetières, des routes, des parcs et des terrains de football, endommageant gravement ou détruisant plus de 10 000 bâtiments.
La situation en Cisjordanie a atteint des niveaux de violence sans précédent. Du 7 octobre 2023 au 13 novembre 2025, les forces de sécurité israéliennes et les colons ont tué au moins 1 017 Palestiniens en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est. Le nombre d’attaques perpétrées par les colons a été plus élevé en octobre que durant n’importe quel autre mois depuis 2006, avec plus de 260 attaques, selon le porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme.
Le Comité de l’Autorité palestinienne contre le Mur et les Colonies a signalé que les forces d’occupation israéliennes et les colons ont perpétré 2 350 attaques en Cisjordanie occupée au cours du mois d’octobre. Les forces d’occupation ont commis 1 584 attaques, tandis que les colons en ont commis 766, avec une intensité particulière dans les gouvernorats de Ramallah et d’al-Bireh, de Naplouse et d’Hébron. Ces violences coïncident systématiquement avec la saison des récoltes d’olives, principale source de revenus pour des milliers de familles palestiniennes. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), pour la seule semaine du 7 au 13 octobre 2025, 71 incidents violents ont été recensés, faisant au moins 99 blessés, plusieurs véhicules détruits et plus de 1 400 arbres abattus. Parmi ces incidents figurent des attaques brutales, comme celle documentée dans le village de Turmus Ayya, où une Palestinienne de 55 ans a été battue à coups de bâton alors qu’elle cueillait des olives.
Selon un suivi effectué par l’organisation israélienne de défense des droits humains Yesh Din, environ 94 % des enquêtes ouvertes par la police israélienne sur les violences commises par les colons entre 2005 et 2024 se sont soldées par un non-lieu. Depuis 2005, seulement 3 % des quelque 1 700 enquêtes ouvertes sur ce sujet ont abouti à des condamnations, partielles ou totales. Comme l’écrivait éloquemment Haaretz, le quotidien indépendant le plus respecté d’Israël, dans un récent éditorial : « S’il ne s’agit effectivement que d’une minorité, quelques dizaines de colons juifs qui détruisent des oliveraies, agressent les récolteurs, incendient des maisons, des voitures et des mosquées, et chassent des communautés de leurs foyers, le bilan est effarant : plus de deux attaques par jour en moyenne. » La complicité des forces de sécurité israéliennes est systématique. D’après un rapport d’Oxfam, les attaques de colons contre des civils palestiniens et leurs biens se produisent souvent en présence de soldats israéliens, et les autorités israéliennes n’enquêtent pas correctement ni ne poursuivent les auteurs de la grande majorité de ces crimes.
Le gouvernement Netanyahu compte parmi ses membres des figures importantes du mouvement de colonisation, comme le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir (un extrémiste fanatique et criminel condamné, huit fois par l’État d’Israël pour racisme et terrorisme), et le ministre des Finances, Bezalel Smotrich (un extrémiste de droite fanatique qui estime que le droit international ne peut s’appliquer aux Juifs sionistes car ils seraient un peuple élu), responsable de la politique de colonisation. L’objectif est clair : rendre la vie impossible aux Palestiniens et les contraindre à abandonner leurs terres. Les données de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) indiquent qu’au moins 31 919 réfugiés palestiniens ont été contraints de quitter leurs foyers dans les camps de Jénine, de Nour Shams et de Tulkarem, ce qui constitue la crise de déplacement la plus grave depuis 1967. En Cisjordanie, le nombre d’enfants tués par les forces israéliennes a augmenté de 200 % depuis le 7 octobre 2023. Alors que le secrétaire d’État américain Marco Rubio exprime sa « préoccupation » face aux violences en Cisjordanie, Washington continue de fournir des armes et un soutien inconditionnel à Israël.
La communauté internationale assiste passivement à cette double campagne de terreur : au Sud-Liban, où un cessez-le-feu purement formel masque la dévastation systématique d’un territoire ; en Cisjordanie, où des colons armés, protégés par l’armée israélienne, perpètrent quotidiennement des pogroms contre les Palestiniens. La vérité est dérangeante, mais irréfutable : ce qui se déroule sous les yeux du monde entier est une politique systématique de nettoyage ethnique, menée par des méthodes terroristes et dissimulée sous le voile de l’hypocrisie occidentale. Tant que cette impunité perdurera, aucune paix ne sera possible au Moyen-Orient.






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