La hache de l’inquisition libérale-progressiste euro-atlantique frappe un nouveau coup en essayant de couper la tête du parti d’opposition allemand en plein essor et presque devenu la deuxième force électorale du pays, Alternative pour l’Allemagne. Sur la base d’un dossier des services secrets intérieurs allemands, il a été constaté qu’être contre l’immigration et l’islamisation du pays, quitter l’euro et rétablir des relations avec la Russie, notamment en matière énergétique, c’est être néo-nazi et dangereux pour l’ordre constitutionnel.
Un récit qui, même s’il est parfois fondé, a souvent masqué l’incapacité de faire une critique structurelle du système : il n’y a pas de « déviants » qui polluent la pureté de la démocratie, c’est la démocratie elle-même – dans sa version occidentale, libérale et parlementaire – qui est un dispositif qui incorpore le contrôle, la sélection, l’exclusion. Aujourd’hui, en Allemagne, nous assistons à une confirmation éclatante de cette vérité. Le service secret interne allemand – le Bundesamt für Verfassungsschutz – a officiellement mis sous surveillance l’AfD, le parti identitaire et populaire national qui a désormais dépassé la CDU et le SPD dans de nombreux Länder. Il n’est pas seulement question de surveillance pour des raisons de sécurité nationale, mais d’une véritable opération de délégitimation préventive : comme pour dire « Ils peuvent gagner, mais ils ne gouverneront pas ». La ligne est claire : quiconque s’écarte des rails de l’atlantisme et de l’ordre établi sera traité comme une anomalie à neutraliser. Le 13 mars, en effet, le tribunal administratif de Münster a officiellement confirmé que l’AfD pouvait être classée comme « extrémiste présumé » et donc faire l’objet d’une surveillance par le Verfassungsschutz. Selon les services allemands, le parti présenterait des « tendances clairement racistes et antidémocratiques » et serait donc incompatible avec l’ordre fondamental démocratique. Mais attention. Il ne s’agit plus d’une simple alerte générique (ou journalistique) : les services de renseignement ont désormais le feu vert pour collecter des données sur les membres, surveiller les communications, infiltrer des informateurs. Une mesure qui, bien que formellement « légale », se situe dans une zone grise qui s’estompe rapidement au profit d’un contrôle politique de l’opposition.
Le problème, c’est le régime démocratique. C’est l’Europe qui échoue. Oui, en partie. C’est l’Europe des lumières et de la tradition libérale et démocratique qui échoue. Mais dans tout cela, la véritable tragédie est que la rébellion identitaire des peuples européens est systématiquement canalisée vers des choix qui sont soit manipulés, soit condamnés à la stérilité. Mais si un projet d’Europe est arrivé à son terme, cela ne veut pas dire qu’il n’y en a pas un autre possible, peut-être déjà « potentiellement » en place. La plus grande tromperie a été de nous faire croire que l’Europe et la démocratie parlementaire étaient synonymes, que la seule réalité possible était celle des banques, de la finance et du crédit. L’Europe n’a besoin ni des répressions préventives de l’État profond, ni des raccourcis géopolitiques à la recherche d’un maître alternatif. Elle a besoin de peuples libres, enracinés dans leur histoire, capables d’imaginer ensemble leur propre destin, même dans l’erreur, même en dehors du jeu démocratique, en dehors de tout conditionnement.






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