Des ogives nucléaires qui pleuvent du ciel et des missiles de croisière plus rapides que le son qui frappent des infrastructures stratégiques : voilà quelques-uns des scénarios cauchemardesques – des scénarios de science-fiction, peut-être, mais néanmoins plausibles – qui inquiètent les États-Unis.

Ce n’est pas un hasard si Donald Trump, en réponse à ces menaces hypothétiques (incarnées par la Russie et surtout la Chine), a choisi de mettre l’accent sur un bouclier antimissile de dernière génération : le « Dôme d’Or ». Entre-temps, Pékin a fait savoir que des scientifiques chinois avaient dévoilé un nouveau matériau susceptible de compromettre l’efficacité du Dôme d’or proposé par Trump.

Selon le South China Morning Post, le matériau en question pourrait être utilisé comme matériau furtif, efficace contre la détection des infrarouges et des micro-ondes, et convenir aux avions et aux missiles à grande vitesse. La surveillance moderne du champ de bataille s’appuie fortement sur la détection infrarouge et micro-ondes : la première détecte le rayonnement thermique émis par les objets, tandis que la seconde utilise des radars qui émettent et reçoivent des signaux micro-ondes réfléchis pour localiser les cibles.

Toutefois, les températures élevées peuvent compromettre les performances de furtivité des matériaux conventionnels, voire provoquer des défaillances structurelles. Par conséquent, il existe un besoin urgent de matériaux qui non seulement offrent une sécurité multispectrale, mais qui permettent également une régulation thermique efficace.

Sous la direction du professeur Li Qiang de l’université de Zhejiang

Une équipe de recherche chinoise aurait mis au point un matériau furtif très performant capable d’assurer l’invisibilité dans l’infrarouge à ondes courtes (SWIR), l’infrarouge à ondes moyennes (MWIR), l’infrarouge à ondes longues (LWIR) et les micro-ondes, même à des températures de 700 degrés Celsius (1 292 degrés Fahrenheit).

Les résultats de l’étude ont été publiés dans la revue Nano-Micro Letters. Pour démontrer les performances de furtivité du matériau, l’équipe l’a comparé à un corps noir standard, terme utilisé pour désigner un objet qui absorbe les rayonnements électromagnétiques. Chauffé à 700 °C, le matériau présente une température de rayonnement d’environ 422 °C, soit 268 °C de moins que le corps noir. En termes d’intensité de rayonnement, le matériau était 63,6 % et 37,2 % plus faible que le corps noir dans les bandes MWIR et SWIR, respectivement.

La principale innovation réside dans la structure composite du matériau, qui intègre des films multicouches et une méta-surface hyperfréquence. La couche supérieure agit comme une barrière protectrice contre l’humidité, tandis que la couche inférieure la fait adhérer à la surface sous-jacente. Ce film multicouche est également gravé au laser avec précision pour permettre la transmission des micro-ondes sans compromettre les performances dans l’infrarouge.

Si le suivi par infrarouge s’avère être la principale méthode de détection et d’interception des armes hypersoniques par le système du Dôme d’or, les experts chinois estiment que les matériaux offrant une combinaison d’infrarouges et de micro-ondes furtives – comme celui mis au point par l’équipe de Li – pourraient réduire considérablement les chances de détecter les menaces ennemies.

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