Le gouvernement Trump 2.0 poursuit sa politique étrangère là où il s’était arrêté auparavant, c’est-à-dire l’expansion et le confinement de la Chine dans le Pacifique. La Chine ayant connu des taux de croissance étonnants au cours des dernières décennies et son influence ayant commencé à s’étendre à l’échelle mondiale par le biais du commerce, toutes les sonnettes d’alarme ont retenti à Washington. Depuis Obama, qui a décrété la politique de pivot vers l’Asie, jusqu’à la première administration Trump, l’attaque contre le cœur de l’Eurasie s’est essentiellement poursuivie et devient désormais effrontément agressive.

La guerre douanière, partiellement atténuée sous l’administration Biden, s’accompagne de la création d’un mur de confinement militaire pour entourer l’Empire Céleste.

De l’Australie au Japon, de la Corée du Sud aux Philippines sans oublier Taïwan. Des navires de guerre, des centaines de missiles à longue portée, des sous-marins de pointe et des systèmes de défense sophistiqués. La stratégie des États-Unis visant à contenir, limiter et freiner l’essor de la Chine dans l’Indopacifique suit deux voies parallèles. D’un côté, Washington renforce ses relations diplomatiques – et donc politiques et militaires – avec une série de pays partenaires situés entre la mer de Chine méridionale et l’océan Pacifique. D’un autre côté, les États-Unis s’affairent à vendre, donner et transférer des armes de plus en plus puissantes vers une région de plus en plus stratégique pour l’administration américaine et pour Pékin. Ainsi, à ces latitudes, un mur militaire américain prend forme silencieusement, s’ajoutant aux deux prétendues chaînes d’îles. De toute évidence, ces seuls éléments ne suffisent plus à geler les ambitions du Dragon.

Le ministère américain de la Défense a en effet déjà pris des mesures pour mettre en cage la marine de Pékin, la plus grande au monde en termes de nombre de navires (plus de 370 navires, dont deux porte-avions), et ainsi maintenir sa domination navale à l’intérieur et à l’extérieur de l’Indopacifique. Comment ? Par exemple, en renforçant les arsenaux de certains pays stratégiques de la région, comme Taiwan et le Japon, parties intégrantes de la première chaîne d’îles, qui semble de moins en moins utile – en tant que simple concept stratégique né de la guerre froide – pour contenir son rival chinois.

Aujourd’hui, il en faut plus, d’où le test du missile antinavire à longue portée (LRASM) AGM-158C de l’Australie, d’une portée de 925 kilomètres, et la volonté des États-Unis de livrer à Canberra des sous-marins à propulsion nucléaire. En 2020, elle a approuvé la vente d’un maximum de 200 missiles furtifs au gouvernement australien pour un coût estimé à 990 millions de dollars. Il ne s’agit pas de n’importe quel accord, puisque le LRASM augmente et améliore la portée de l’armée de l’air de l’île contre les navires adverses. Mais ce n’est pas tout, puisque l’Australie a réservé 4,4 milliards de dollars pour l’acquisition auprès des États-Unis du Standard Missile-2 Block IIIC et du Standard Missile-6, ce dernier ayant une portée de 290 milles et pouvant attaquer des navires de guerre et soutenir la défense aérienne.

Les États-Unis ont accepté de vendre jusqu’à 220 missiles de croisière Tomahawk à l’Australie en 2023, dans le cadre d’un accord de 895 millions de dollars qui comprenait 200 missiles de la variante Block V. Selon le développeur Raytheon, le Tomahawk est capable de frapper des cibles « avec précision » à 1 600 kilomètres de distance.

Le Japon est un autre client du Tomahawk. En effet, Tokyo va acquérir environ 400 de ces missiles dans le cadre d’un contrat de 2,35 milliards de dollars annoncé en 2023. Le gouvernement japonais a également soumis deux autres demandes pour un total de 182 missiles SM-6 d’une valeur de 1,350 milliard de dollars, et développe parallèlement ses propres armes de destruction, notamment le missile Type 12 amélioré d’une portée estimée à 1 200 kilomètres.

Taïwan a également reçu des missiles américains et produit ses propres modèles locaux, comme le missile supersonique Hsiung Feng III. Les Philippines viennent de recevoir un nouveau navire de guerre équipé de missiles de la part des États-Unis : la dernière aide militaire en date, mais pas la seule, de leur partenaire américain. Il s’agit de la corvette BRP Miguel Malvar à 3 places.

200 tonnes, inauguré à la base d’opérations navales de Subic, province de Zambales. Il reste maintenant à voir si, dans les mois à venir, Washington exercera une pression accrue sur les gouvernements asiatiques « amis » pour qu’ils achètent des missiles antinavires supplémentaires de fabrication américaine.

Et le navire de guerre s’en va… prochaine Troisième Guerre mondiale dans le Pacifique…

Laisser un commentaire

Tendances

En savoir plus sur observateurdissident.fr

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture