Le Soudan du Sud, l’un des plus jeunes pays du monde ayant obtenu son indépendance du Soudan seulement en 2011, est en proie à une grave crise humanitaire et politique qui met en danger les fondements de l’État et la stabilité de l’Afrique de l’Est. Le pays est peuplé de plus de 100 ethnies qui vivent à peine ensemble et plusieurs groupes armés opèrent indépendamment de l’armée nationale.
Une guerre civile, combattue entre 2013 et 2018 entre les forces fidèles au président Salva Kiir et celles liées au vice-président Riek Machaar, a provoqué au moins 400 mille morts et contraint 4 millions de personnes, sur une population d’un peu plus de 12 millions d’habitants, à quitter leur maison. La formation d’un gouvernement d’unité nationale, après des négociations complexes entre les parties et l’envoi d’une mission de paix par les Nations unies, a permis une cessation temporaire des hostilités mais les tensions ont fait dérailler le processus de paix.
Le pays a connu une phase de transition permanente, avec des échéances électorales et des réformes reportées, de graves urgences alimentaires qui ont touché plus des deux tiers de la population en 2023 et des catastrophes naturelles comme les inondations de 2024 qui ont dévasté le secteur agricole. À partir de 2025, de nouvelles hostilités ont éclaté entre les factions au sommet de l’exécutif et le pays, devenu indépendant après des décennies de guerre civile avec les Forces armées du Soudan, Il a dû renoncer aux deux tiers de ses revenus après que le conflit au Soudan ait endommagé un oléoduc nécessaire à l’exportation du pétrole.
Le Soudan du Sud est riche en ressources minérales, qui pourraient être utilisées pour le développement économique national
Mais l’instabilité et l’absence d’infrastructures ont limité son potentiel. Le pétrole est la principale ressource du pays et contribue à 90 pour cent des recettes de l’État, avec des réserves estimées à 3,5 milliards de barils. Mais les gisements d’or, de lithium et d’acier ne manquent pas. Le Soudan du Sud dépend, en ce qui concerne les exportations de pétrole, du Soudan voisin car il est sans débouché sur la mer et l’oléoduc passe précisément par le territoire du pays voisin. Le conflit au Soudan a interrompu, entre 2024 et 2025, les exportations de pétrole sud-soudanais et le gouvernement de la jeune nation africaine exerce en tout cas un contrôle limité sur les revenus générés par cette ressource.
Le consortium qui s’occupe de la production de pétrole, comme l’a rappelé Deutsche Welle, est contrôlé à 41 pour cent par la Chine, à 40 pour cent par la Malaisie et seulement à 8 pour cent par le gouvernement sud-soudanais. L’économie du pays s’est contractée de 5 pour cent en raison du conflit au Soudan voisin et le budget de l’État est minuscule par rapport à d’autres pays voisins comme le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda. La population soudanaise compte parmi les nations les plus pauvres du monde, avec un produit intérieur brut d’un peu plus de 700 dollars par habitant et un taux de mortalité infantile qui la place au dernier rang mondial.
La Chine, consciente du potentiel économique de la jeune nation africaine
A misé sur le développement des relations bilatérales avec le Soudan. Au moins 1700 casques bleus chinois participent à la mission des Nations unies sur place, le plus grand contingent déployé par Pékin dans le cadre d’une mission de l’ONU. Il y a aussi des médecins chinois qui fournissent des services de santé essentiels à la population, un rôle important dans une nation qui manque de médecins et d’hôpitaux. Le Soudan du Sud, selon le Sudan Tribune, considère la Chine comme un partenaire essentiel et, en 2024, les relations bilatérales ont été renforcées au niveau le plus élevé possible.
Pékin est le principal partenaire commercial du Soudan du Sud et un accord, signé en 2014, permet à la nation africaine d’exporter 97 pour cent des biens vers la Chine sans subir de droits de douane. Les entreprises chinoises sont actives dans différents secteurs de l’économie sud-soudanaise et, comme c’est le cas dans d’autres pays du continent africain, la pénétration économique va de pair avec la construction d’une sphère d’influence politique. L’Afrique de l’Est est une région stratégique du continent, riche en opportunités pour Pékin qui, dans cette zone, profite du désintérêt manifesté par les États-Unis et des difficultés de l’Union européenne.






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