Depuis 6h00 ce matin,du 4 juin heure de Paris (minuit sur la côte est des États-Unis), les nouveaux droits de douane de 50 % sur les importations d’acier et d’aluminium, annoncés ces derniers jours par le président Donald Trump, sont entrés en vigueur. La mesure, formalisée dans un décret signé hier, double les tarifs précédents fixés à 25 %.

L’administration américaine justifie cette intervention par la nécessité de protéger des secteurs considérés comme stratégiques pour la sécurité nationale. Dans le texte du décret, M. Trump souligne que le niveau actuel des importations bon marché en provenance de pays étrangers érode la compétitivité des industries américaines et empêche la pleine utilisation des capacités de production nationales.

« Les mesures prises jusqu’à présent n’ont pas été suffisantes », peut-on lire dans le texte. Le Royaume-Uni a été temporairement épargné par le décret, mais Londres pourrait être confrontée à un taux d’imposition plus élevé si l’accord signé avec l’administration Trump le mois dernier n’entre pas en vigueur.

Cette décision alimente les tensions commerciales entre Washington et ses principaux partenaires économiques mondiaux

À Bruxelles, le climat est tendu : les représentants de l’UE envisagent des contre-mesures qui pourraient entrer en vigueur dès le 14 juillet. L’UE a qualifié de « constructive » la première journée de discussions techniques entre les deux délégations à Washington, mais n’a donné aucun détail sur le contenu des discussions.

Une réunion entre le commissaire européen au commerce, Maroš Šefčovič, et le représentant américain, Jamieson Greer, est attendue aujourd’hui à Paris, en marge de la réunion ministérielle de l’OCDE. Les autorités européennes n’ont pas confirmé la réception de la lettre envoyée par Washington ces derniers jours à plusieurs gouvernements alliés, dans laquelle les États-Unis auraient demandé « les meilleures offres possibles » dans les négociations.

Pendant ce temps, le président Trump a réaffirmé la légitimité de sa stratégie commerciale

Déclarant dans un post sur Truth Social que les États-Unis doivent être en mesure de répondre rapidement et proportionnellement aux droits de douane imposés par d’autres pays. « Si nous ne pouvons pas nous défendre, notre économie n’a aucune chance de survie », a-t-il écrit. Des sources proches de la Maison Blanche, citées par Politico, rapportent que M. Trump aurait l’intention de s’entretenir prochainement par téléphone avec le président chinois Xi Jinping, afin d’aborder directement les différences entre les deux plus grandes économies du monde.

Toutefois, il n’y a actuellement aucune confirmation officielle de l’organisation de la réunion. M. Trump a déclaré qu’il « aimait bien » le dirigeant chinois Xi Jinping, mais qu’il était « extrêmement difficile de parvenir à un accord » avec lui, les deux pays étant au cœur d’une impasse commerciale sur les droits de douane. « J’aime bien le président chinois Xi, je l’ai toujours apprécié et je l’apprécierai toujours, mais il est très dur », a plaisanté M. Trump.

Sur le plan national, le différend juridique concernant l’augmentation des droits de douane se poursuit. Fin mai, deux tribunaux américains – le Tribunal du commerce international et un tribunal fédéral de Washington – se sont prononcés contre les mesures demandées par la Maison Blanche, estimant qu’elles ne respectaient pas les limites imposées par la loi sur les pouvoirs économiques d’urgence internationaux (International Emergency Economic Powers Act). Dans les deux cas, l’administration a fait appel et l’une des décisions a déjà été temporairement suspendue en appel. 

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