Le destroyer lance-missiles USS Gravely est arrivé hier à Trinité-et-Tobago, l’archipel situé à seulement onze kilomètres des côtes vénézuéliennes, accompagné d’une unité de Marines pour des exercices avec l’armée locale, annoncés jeudi dernier par le gouvernement de Port-d’Espagne. Le navire restera amarré jusqu’à jeudi prochain dans la capitale, où sa présence a suscité des réactions mitigées parmi les habitants interrogés par les médias locaux.
Certains estiment que « les Américains ont de très bonnes raisons d’amener leur navire de guerre ici : c’est pour une bonne cause, et de nombreuses personnes seront libérées de l’oppression et de la criminalité ». D’autres, en revanche, craignent une possible escalade, compte tenu de la proximité géographique avec le Venezuela.
Ce destroyer s’inscrit dans le prolongement de la présence militaire américaine croissante dans la région des Caraïbes, suite à l’annonce vendredi dernier par Washington du déploiement du porte-avions Gerald R. Ford, le plus grand au monde. La stratégie du président américain Donald Trump vise à freiner le trafic de fentanyl vers les États-Unis.
Il a désigné le président de facto du Venezuela, Nicolás Maduro, comme cible stratégique, l’accusant de transformer le pays en une dictature qui viole les droits humains et, par l’intermédiaire du « Cartel des Soleils », est impliqué dans le trafic de drogue. « La mission est de détruire les organisations criminelles transnationales (OCT) et de lutter contre le narcoterrorisme pour défendre la patrie », a réitéré hier le porte-parole du Pentagone, Sam Parnell.
La pression américaine contre le Venezuela s’étend au-delà des navires et des groupes d’attaque.
Ces derniers jours, des bombardiers B-52 et B-1 ont survolé la mer des Caraïbes, non loin des côtes vénézuéliennes. Les données du site de suivi Flightradar24 ont montré qu’un B-1B volait vers la côte vénézuélienne mercredi après-midi avant de faire demi-tour et de se diriger vers le nord, avant de disparaître.
Interrogé lors d’un événement à la Maison-Blanche sur l’information selon laquelle les États-Unis auraient envoyé des B-1B près du Venezuela, Trump a répondu que « c’est faux », ajoutant que les États-Unis « ne sont pas satisfaits du Venezuela pour de nombreuses raisons ». Ce dernier vol a eu lieu environ une semaine après que des bombardiers B-52 américains ont survolé la côte vénézuélienne pendant plusieurs heures.
De nombreux analystes ont souligné que le déploiement américain autour du Venezuela est sans précédent dans l’histoire récente et constitue même le plus important depuis la Guerre froide. Comme l’a écrit Ian Ellis, analyste OSINT, il est important d’examiner non seulement les navires déployés, mais aussi la situation dans l’ensemble du quadrant :
- L’arrivée à Porto Rico d’un hélicoptère de combat AC-130J Ghostrider
- Le déploiement de ravitailleurs
- L’installation d’un radar longue portée à Sainte-Croix, dans les Îles Vierges
- La construction d’un bunker de stockage de munitions à Rafael Hernández, à Porto Rico
- La tension reste vive à Caracas, notamment après la décision de Donald Trump d’autoriser la CIA à mener des opérations secrètes sur le territoire vénézuélien, et ses propres déclarations selon lesquelles les forces américaines sont prêtes à lancer une attaque terrestre contre ce pays des Caraïbes.
Selon CNN, un plan visant à cibler les centres de production et les itinéraires de trafic de cocaïne sur le sol vénézuélien est à l’étude dans le Bureau ovale, mais aucune décision finale n’a encore été prise.
Naturellement, toute attaque constituerait une nouvelle violation des principes du droit international de non-ingérence dans les affaires intérieures d’un autre État et de souveraineté nationale, concepts méprisés par l’unipolarité américain, qui attaque impunément les pays pour les piller de leurs ressources naturelles ou les réaligner sur l’ordre de Washington.
Les États-Unis, premier consommateur mondial de drogue, notamment de cocaïne, largement distribuée et promue par leurs artistes et stars hollywoodiennes, ont été impliqués dans des scandales allant de l’affaire Iran-Contra, avec des collaborations avec des cartels de la drogue sud-américains, à l’importation d’héroïne d’Afghanistan (occupé par les Yankees) vers le Kosovo (autre État fantôme contrôlé par les États-Unis). Ils ont désormais décidé de bloquer le trafic de drogue vénézuélien, et leur acte héroïque sera peut-être récompensé par la plus grande réserve de pétrole au monde, parions-y…






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