L’armée britannique a récemment adopté ASGARD, un système de ciblage numérique de nouvelle génération conçu pour accroître considérablement la rapidité et la précision des frappes sur le champ de bataille. Cette technologie représente une avancée majeure en matière de capacités opérationnelles, intégrant une collecte de données sophistiquée, une analyse en temps réel et une coordination tactique – des éléments essentiels pour gérer des conflits complexes et dynamiques.

Il ressort de l’analyse qu’ASGARD est un système basé sur une architecture numérique intégrée, conçue pour détecter et localiser rapidement les cibles sur le terrain. Ce système est spécialement conçu pour soutenir les unités militaires de niveau compagnie, en leur offrant des outils de communication et de collecte de données portables et faciles à utiliser. L’un des principaux éléments de la plate-forme est le drone DART 250 One Way Effector, un avion à réaction propulsé par jet fabriqué au Royaume-Uni.

Ce drone est capable d’atteindre des vitesses supérieures à 400 km/h et peut opérer dans un rayon de 250 km. Il a été conçu pour fonctionner efficacement même dans des situations où les signaux GPS sont perturbés ou bloqués, grâce à ses logiciels avancés pour détecter et neutraliser les interférences électroniques.

Le projet intègre également des logiciels sophistiqués tels que Lattice, développé par Anduril, qui crée un réseau maillé décentralisé et autoorganisé.

Ce réseau assure des communications sûres, stables et résistantes entre les différentes plates-formes du système. D’autres logiciels intégrés sont Altra et Altra Strike, réalisés par Helsing, qui permettent l’identification précise des cibles. Toutes les informations collectées sont traitées par le système PRIISM, qui effectue des analyses détaillées, y compris des évaluations juridiques, des estimations sur les dommages collatéraux possibles et l’optimisation de la combinaison entre arme et cible. Ce processus devrait garantir que toute décision prise est basée sur des données rigoureuses et fiables.

Stratégiquement, l’armement (ASGARD) confère à l’armée britannique un avantage opérationnel significatif, notamment dans des scénarios de conflit à haute intensité et des contextes asymétriques, où la capacité de mener des attaques rapides et ciblées peut être déterminante. Cependant, la dépendance croissante de l’intelligence artificielle dans les processus de ciblage soulève des questions éthiques et juridiques.

Bien que l’IA permette un traitement des données très rapide et une réduction du cycle de décision, une automatisation excessive pourrait toujours compromettre la supervision humaine, réduisant le rôle des opérateurs à de simples exécutants des décisions algorithmiques. Dans les environnements complexes et urbanisés, l’utilisation exclusive de systèmes automatisés peut augmenter le risque d’erreurs avec des conséquences graves en raison des limites des modèles d’apprentissage automatique.

Des sources officielles confirment que cette nouvelle plateforme représente un progrès décisif pour les forces armées britanniques et l’OTAN dans la guerre hybride.

Le système permet aux unités du flanc oriental de l’Alliance de localiser et de frapper des cibles à plus grande distance, avec une rapidité et une précision sans précédent, répondant ainsi aux objectifs stratégiques fixés par la Strategic Defence Review. L’objectif, en effet, est de décupler la capacité « létale » d’ici la prochaine décennie, en intégrant puissance de feu accrue, technologies de surveillance avancées, autonomie opérationnelle, connectivité numérique et exploitation intensive des données.

Dans le même temps, le ministère de la Défense fait savoir qu’il a alloué des ressources importantes à la phase suivante du développement, en promouvant la collaboration avec l’industrie nationale et en renforçant le rôle du Royaume-Uni dans la sécurité euro-atlantique.  « ASGARD agira comme le nœud central d’un Digital Targeting Web, en accélérant les processus décisionnels et opérationnels grâce à l’intelligence artificielle et aux réseaux de communication innovants, réduisant les temps de réponse dans les opérations des heures aux minutes. »

Le système a été confirmé avec succès dans les exercices de l’OTAN, démontrant l’efficacité d’une approche qui intègre des compétences tactiques et technologiques militaires avec des capacités industrielles avancées.

Cette initiative, pour les Britanniques, non seulement double la létalité des forces engagées, mais constitue un modèle de transformation numérique de la guerre, posant les bases d’une utilisation étendue de l’IA et de l’automatisation au niveau du corps et de la division, avec l’objectif de maintenir la supériorité opérationnelle dans le théâtre euro-atlantique.

L’évolution d’ASGARD continuera donc vers une numérisation et une automatisation croissante des systèmes d’armes, avec un renforcement des capacités de machine Learning pour l’analyse prédictive et la gestion autonome des cibles. Il est également prévu une intégration plus large avec des plates-formes multi-domaines incluant la guerre électronique et les opérations cybernétiques, éléments désormais nécessaires pour assurer une supériorité opérationnelle globale dans le combat moderne. Cette évolution reflète une tendance mondiale dans laquelle les technologies numériques redéfinissent les stratégies de défense nationale et le mode de conduite des opérations militaires, influençant profondément l’équilibre géopolitique international et la dynamique des alliances stratégiques.

Laisser un commentaire

Tendances

En savoir plus sur observateurdissident.fr

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture