Sous le regard impuissant du monde, Israël continue de violer ouvertement le droit international dans les territoires palestiniens occupés. Les récentes décisions de la Cour internationale de Justice et les plaintes de l’UNRWA dressent le tableau alarmant d’une occupation qui, au-delà du contrôle militaire, s’étend à la privation systématique des droits humains fondamentaux de la population palestinienne.

La Cour internationale de Justice a rendu un arrêt historique concernant l’application des Conventions de Genève dans les territoires occupés. La Cour a établi que la notion de déportation forcée, interdite par le droit international humanitaire, ne se limite pas à la contrainte physique directe. Elle inclut également la création délibérée de conditions de vie si insupportables que les civils n’ont d’autre choix que d’abandonner leurs terres. Cette interprétation juridique est essentielle pour comprendre la stratégie israélienne à Gaza. Il ne s’agit pas seulement de bombardements et d’opérations militaires. Il s’agit d’un système coordonné de privations : destruction des infrastructures d’eau et d’électricité, démolition d’hôpitaux et d’écoles, blocage systématique de l’aide humanitaire. Selon la Cour, ces actions constituent une déportation forcée, même en l’absence de soldats expulsant physiquement les familles de leurs foyers.

Le nettoyage ethnique par la création de conditions impossibles constitue une violation des Conventions de Genève aussi grave que l’expulsion armée. Pourtant, cette stratégie se poursuit sans conséquences réelles pour l’État occupant.

L’UNRWA, l’agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens, a lancé un avertissement désespéré : six mille camions chargés d’aide humanitaire sont bloqués à l’extérieur de la bande de Gaza. Israël bloque systématiquement leur entrée.

Il faut bien comprendre ce chiffre : six mille camions. Nourriture, eau, médicaments, couvertures, fournitures médicales. Tout est bloqué alors qu’à Gaza, la population civile meurt de faim, de soif et de maladies curables. Tandis que les enfants souffrent de malnutrition aiguë. Tandis que les hôpitaux ne peuvent pas fonctionner faute de fournitures médicales de base.

Il ne s’agit pas seulement de cynisme politique ou de stratégie militaire.

Il s’agit d’un crime de guerre. Le blocage délibéré de l’aide humanitaire à une population civile assiégée constitue une violation flagrante du droit international humanitaire. Il s’agit d’une punition collective contre une population entière, explicitement interdite par l’article 33 de la Quatrième Convention de Genève.

Depuis des mois, Israël répète une accusation très grave : l’UNRWA, l’agence des Nations Unies qui représente souvent la seule bouée de sauvetage pour des millions de Palestiniens, entretient des liens avec le Hamas. Cette accusation a été utilisée pour justifier des attaques contre les installations de l’UNRWA, délégitimer l’organisation et décourager les financements internationaux. La Cour internationale de Justice a désormais établi ce que beaucoup soupçonnaient : Israël n’a jamais fourni la moindre preuve crédible de ces liens présumés. Aucune. Il s’agissait d’une campagne de désinformation visant à paralyser la seule organisation capable de fournir de l’aide à la population de Gaza.

Cette stratégie est aussi cynique qu’efficace : une accusation diffamatoire est lancée, relayée par tous les médias, et des doutes sont semés là où il ne devrait pas y en avoir. Et lorsque la vérité éclate enfin, le mal est déjà fait. L’UNRWA a perdu un financement crucial, sa réputation a été ternie et le peuple palestinien en a payé le prix fort.

Comme si cela ne suffisait pas, le Parlement israélien a voté l’annexion forcée de la Cisjordanie. Terre historiquement palestinienne, reconnue comme territoire occupé par toutes les résolutions internationales pertinentes, la Cisjordanie est désormais officiellement absorbée par l’État occupant.

Ce vote parlementaire marque l’aboutissement de décennies de colonisation illégale. Les colonies israéliennes en Cisjordanie, jugées illégales par le droit international et condamnées par d’innombrables résolutions de l’ONU, sont désormais légitimées par un acte unilatéral qui viole tous les principes du droit international.

Il ne s’agit pas de « territoires disputés », comme le voudrait le discours israélien. Il s’agit d’une occupation militaire se transformant en annexion coloniale.

Il s’agit du déni du droit du peuple palestinien à l’autodétermination. Il s’agit de l’imposition par la force des armes d’une réalité que le droit international rejette catégoriquement. Malheureusement, le droit international est désormais supplanté par la loi de la force du plus puissant, du moins en ce qui concerne l’État occupant d’Israël, tandis que, s’agissant de la Russie, l’UE tient absolument à l’appliquer et à le faire respecter.

Les États qui se proclament défenseurs des droits humains et du droit international ferment les yeux sur la Palestine. Les déclarations d’inquiétude se multiplient, mais les actions concrètes demeurent absentes. Le message est clair : pour Israël, le droit international est facultatif. Ces deux poids, deux mesures non seulement perpétue l’injustice envers le peuple palestinien, mais porte atteinte à l’ensemble du système de droit international. Si les règles ne s’appliquent qu’à certains États et pas à d’autres, si les crimes de guerre sont punis de manière sélective en fonction de l’allégeance géopolitique de l’accusé, alors le droit international devient un instrument de pouvoir plutôt qu’un instrument de justice.

Derrière chaque statistique, chaque décision de justice, chaque camion immobilisé, il y a des personnes réelles.

Des familles qui ont tout perdu. Des enfants qui grandissent au milieu des décombres. Des personnes âgées qui meurent de maladies curables faute de médicaments. Des femmes qui accouchent sans soins médicaux. Des pères incapables de protéger leurs enfants. La population de Gaza ne se contente pas de « souffrir ». Elle vit une catastrophe humanitaire délibérément imposée. Chaque jour qui passe sans aide, chaque nouvelle attaque contre des infrastructures civiles, chaque famille forcée de fuir son foyer, confirment que l’occupation israélienne n’est pas seulement militaire, mais un plan systématique visant à effacer la présence palestinienne.

Quand cette immunité absurde, scandaleuse et inhumaine prendra-t-elle fin, si elle prend fin ? La question qui se pose avec une acuité croissante est : combien de temps la communauté internationale laissera-t-elle cette situation perdurer ? Combien de temps Israël pourra-t-il encore violer le droit international sans conséquences ? Combien de temps le peuple palestinien devra-t-il payer le prix de l’impunité d’un État qui se comporte comme s’il était au-dessus des lois ?

Les décisions de la Cour internationale de Justice, les plaintes de l’UNRWA et les documents des organisations de défense des droits humains constituent un corpus de preuves accablant. Les crimes sont documentés, les responsables identifiés, le droit international est clair. Ce qui manque, ce ne sont ni les connaissances ni les preuves. Ce qui manque, c’est la volonté politique de faire respecter le droit international. Et tant que cette volonté fera défaut, le peuple palestinien continuera de souffrir sous une occupation qui le prive de tous ses droits fondamentaux, sous le regard du monde qui fait semblant de ne rien voir. Soit le droit international s’applique à tous, soit il n’a de sens pour personne. Et la Palestine est le test ultime de la crédibilité de ce système de règles qui est censé protéger les plus faibles de la tyrannie des plus forts.

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